Crédit photo : © Enrick Grand'Maison / Nouveau cadre

Nouveau cadre : l’éducation sexuelle au goût du jour

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Que les adolescents se fassent leur propre raisonnement sur l’éducation sexuelle à travers des courts métrages, des capsules et des conférences, c’est la mission de Nouveau cadre, un organisme à but non lucratif spécialisée dans le sujet qui veut se rendre dans les écoles secondaires pour informer les jeunes.

Maintenant ancré sur Instagram depuis le mois de février, Nouveau cadre a dû changer son orientation en raison de la pandémie. En effet, alors que le projet est sur pied depuis trois ans déjà, l’objectif premier était d’élaborer des conférences avec des professionnels, tels que des sexologues, afin de se rendre dans les écoles secondaires avec un programme académique élaboré.

En s’inscrivant en tant qu’OBNL, les deux cofondatrices, Marylou Mucret et Rosalie Bordeleau, ont pu bénéficier de la subvention des Jeunes volontaires, leur permettant de réaliser huit courts métrages.

« On l’a fait juste elle et moi. C’était de la fiction et un documentaire, on a fait ça pendant un an et après la pandémie est arrivée. Ça a gâché nos plans d’aller donner des conférences dans les écoles parce qu’on avait commencé à travailler là-dessus, avec des sexologues aussi », a raconté Marylou.

Entre-temps, elles ont pu s’entourer de sept autres personnes pour les aider dans la réalisation de leur objectif. Les conférences restent encore aujourd’hui une priorité pour Nouveau cadre, mais en attendant que la situation sanitaire s’allège, les jeunes femmes ont trouvé une alternative : utiliser les réseaux sociaux en faisant appel à des influenceurs.

« On ne savait plus c’était quoi notre angle parce que, pendant un bout, on ne pouvait plus en faire, des conférences. Rosalie a eu l’idée qu’on se mette sur Instagram et moi, j’ai la chance de connaître beaucoup d’influenceurs en raison de mon parcours d’actrice », confie la cofondatrice. Les deux femmes se sont d’ailleurs rencontrées sur les bancs d’école, il y a huit ans, alors qu’elles étudiaient en scénarisation à l’UQAM.

Un levier pour l’éducation

Ce nouveau chemin a été conçu et pensé pour faire en sorte que l’information qu’elles détenaient à ce moment puisse être vue et diffusée en attendant la fin de la crise sanitaire. Les courts métrages sont donc disponibles en vidéo IGTV, en plus des entrevues avec Rox Deragon, étudiante en sexologie, et Anne-Marie du compte @aulitavecannemarie, toutes deux activement présentes sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, le compte Instagram compte près de 4000 abonnés. « Dans nos premiers influenceurs on avait Claudie Mercie, Rémi Desgagnés, Anne-Marie et Rox. La première saison de Nouveau cadre c’était sur Instagram, on a eu un gros boom avec 4000 followers en à peine un mois. Les gens ont vraiment tripé sur le processus », se réjouit Marylou.

« Ça montre un peu aux écoles ce qu’on va faire. C’est comme un projet-pilote, mais sur Instagram », ajoute-t-elle.

Il y a donc les films de fiction, tous basés sur une thématique différente, suivis d’un reportage mettant en vedette un influenceur ou une sexologue qui fait un retour sur le court métrage de départ. Par la suite, ce sont les commentaires d’un adolescent qui sont présentés.

Il y a toutefois une nuance à faire avec la deuxième saison, qui présente des points de vue personnels d’influenceurs, sans pour autant être à valeur académique. « Ils ne peuvent pas prendre ça et dire qu’ils se sont informés. C’est plutôt de dire ‘’ J’ai écouté des gens parler de sexe ‘’ parce que c’est toujours intéressant, mais ça ne veut pas dire que tu t’es informé nécessairement. »

Devenir un incontournable

Le but ultime pour l’organisme est de se placer dans les écoles au gouvernement pour devenir un des outils incontournables en matière d’éducation sexuelle. L’équipe voudrait d’ailleurs s’associer à d’autres organismes spécialisés, tels que JAG pour la communauté LGTBQ+ en régions ou encore, le Centre d’expertise Marie Vincent, spécialisé dans les violences sexuelles.

« De prendre plein de monde avec nous pour que le gouvernement nous écoute et fasse un réel changement », partage la cofondatrice. Les réseaux sociaux sont plutôt une manière de faire connaître le projet pour se rendre à l’aboutissement que sont les conférences et les ateliers pédagogiques.

« Pour montrer aussi que les jeunes sont là, qu’ils ont leur mot à dire, que s’il y a 4000 personnes qui se sont abonnées, alors que ça n’existait pas il y a quelques mois, ça veut dire que les jeunes ont besoin de ça. Il faut écouter leur appel », soutient Marylou Mucret.

Elle mentionne également que l’éducation est partie prenante de l’organisme, autant dans la diffusion de contenus qu’au sein de l’équipe, sur les plateaux de tournage ou dans la réalisation des différents projets. « On engage aussi des ados pour faire la clap, le son, pour leur montrer c’est quoi un tournage. On les coache aussi pour qu’ils deviennent des bons acteurs. Il y a aussi une éducation sexuelle qui se fait en même temps. »

Après une grande satisfaction des derniers mois, c’est finalement le 7 octobre que Nouveau cadre entamera sa première série de conférences en présence sous forme de projet-pilote avant de se rendre officiellement dans les écoles. C’est un CJE de Laval qui offre la première opportunité à l’organisme.

« Le but, c’est que l’ado fasse son propre cheminement et crée son propre raisonnement avec nous qui le guidons selon les thématiques abordées dans les films. On veut que chaque individu reprenne son pouvoir et soit conscient des actions qu’il pose et des répercussions. […] Il y a une notion d’empowerment d’ado, de reprendre le contrôle de toi et de comprendre que tu es un humain à part entière. Que tes choix, ta perception et ta réalité, ça compte, mais que celle des autres aussi », conclut avec passion et ferveur la cofondatrice Marylou Mucret.


Il est possible de suivre Nouveau cadre sur Instagram, Facebook, Tiktok et Youtube.

Rosie St-André

Passionnée par l’écriture et la lecture depuis son jeune âge, Rosie a un amour inconditionnel pour la langue française et la culture québécoise. Finissante en journalisme en ATM, elle croit important de soutenir les artistes d’ici en leur donnant une voix au sein des différents médias afin de promouvoir le talent de la province

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