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Souterrain : percuter et faire réfléchir

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Plongeant au cœur d’une mine à Val-d’Or, Sophie Dupuis a fait de Souterrain un drame percutant qui expose avec justesse les risques et les dangers d’un métier ingrat. Elle invite aussi subtilement le public à réfléchir à l’aide d’un regard sur la masculinité comme plusieurs la conçoivent.

Le film, deuxième de la réalisatrice, raconte l’histoire de Maxime, un jeune mineur qui doit vivre avec ses erreurs du passé. Interprété par Joakim Robillard, dont c’est le premier grand rôle au cinéma, il doit à la fois composer avec des tensions sur son lieu de travail et avec de la frustration personnelle à la maison. 

Julien, très bon ami du personnage principal, a subi un accident qui l’a rendu aphasique et qui le force à marcher avec une béquille. On découvre progressivement des détails sur l’accident en question, ce qui aide à comprendre la culpabilité dont s’imprègne Maxime.  

Dans le rôle de Julien, Théodore Pellerin est tout simplement impeccable. Son appropriation du handicap est frappante, touchante et convaincante. On l’avait déjà vu et acclamé dans Chien de garde (2018), et ça ne devrait pas être différent cette fois-ci. 

Mario (James Hyndman), le père de Julien, accepte difficilement le destin de son fils. Lui aussi mineur, il est incapable de se réjouir de ses petites victoires, trop occupé à nourrir une colère silencieuse. 

Les gars de la mine devront toutefois mettre leurs différents de côté lorsqu’une explosion imprévue survient sous terre, forçant toute l’équipe à travailler ensemble lors d’une mission de sauvetage enlevante. 

D’une durée de 97 minutes, le long métrage s’écoute assez bien. Seul détail : on met longtemps avant d’arriver à cet incident, auquel il aurait peut-être fallu accorder un peu plus de temps. 

Sophie Dupuis, qui a également scénarisé le tout, mise sur l’esprit de fraternité pour faire avancer son récit. Les jeux de Guillaume Cyr, Catherine Trudeau, Mickaël Gouin et Jean l’Italien ajoutent de la crédibilité au produit final. On croirait faire intrusion au sein d’un véritable groupe de mineurs. 

Les figurants sont par ailleurs de vrais ouvriers qui travaillent dans une mine où les activités se sont poursuivies 24 heures sur 24 malgré les captations. Chapeau à l’équipe de tournage pour ce tour de force, qui donne une ambiance et des décors à couper le souffle. 

Intense et émouvant, Souterrain est à ne pas manquer.

William Thériault

William est un véritable passionné d'actualité et d'information. Rêveur se démenant au quotidien, il a le journalisme pour vocation. Couvrir la culture, c'est un moyen de sortir de sa zone de confort.

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