Crédit photo : © Bande-annonce du film / Cinoche

La déesse des mouches à feu: réfléchir à la réalité des jeunes d’aujourd’hui

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À travers les premières fois, les découvertes plus ou moins saines et la quête d’identité, l’auteure Geneviève Pettersen a su transposer dans un cru et une véracité sans équivoque la période de l’adolescence dans La déesse des mouches à feu.

Brève mise en contexte, le livre à succès a mené à un film par la suite, mais ce n’est qu’avec quelques mois (années) de retard que ma lecture s’est enclenchée. C’est toujours important pour moi de lire l’œuvre avant de la regarder, voulant trouver et comprendre la profondeur de toute l’histoire de chacun des personnages dans l’écriture qui est souvent plus approfondie que le métrage.

C’est donc en 1996 à Chicoutimi-Nord que Catherine, âgée de 14 ans, vit ses premières expériences de « grande fille ». Drogues, relations sexuelles, partys, rupture de ses parents, premiers chums, c’est à travers des moments difficiles qu’on la voit évoluer à travers le roman, elle et les relations qu’elle construit.

Ce qui distingue cette œuvre de plusieurs autres, ce sont, oui, les histoires et les points de vue des divers personnages, mais surtout, le langage utilisé et les références culturelles qui s’y trouvent. C’est vraiment comme si on était replongés en 1996, avec le style vestimentaire de ce temps-là et les références musicales que les jeunes écoutaient.

Les Doc Martens, les walkman, les rassemblements au « centre d’achats », le style punk rock ressort beaucoup également; mais c’est aussi l’endroit, celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour lequel il faut avoir un minimum de connaissances géographiques pour comprendre comment et où se déroule le récit.

Ayant vécu trois années de ma vie dans la région pour les études, c’était spécial pour moi de comprendre les références, comme un baume sur le cœur en même temps. Je ne peux imaginer pour ceux qui sont originaires de la place.

Un langage réaliste

Il est parfois difficile de transposer la réalité d’une jeune de 14 ans alors qu’on a plus cet âge-là; soit le langage ne sera pas approprié, soit trop jeune ou trop vieux, mais ça n’a pas été le cas pour Geneviève Pettersen. On sent qu’elle a compris réellement ce que c’était d’être une adolescente dans ces circonstances et dans ces années-là. D’autant plus que Catherine est originaire du Saguenay dans l’histoire, il fallait se rappeler l’accent unique de ce coin de pays. Et c’est réussi.

Dans toutes les phrases, les formulations et la syntaxe, on peut sentir la manière dont s’exprime Catherine. C’est donc non seulement l’histoire qui nous replonge dans la jeunesse de 96, mais c’est aussi le vocabulaire et le langage employé. C’est aussi, bien évidemment, les références de marques populaires à ce moment par exemple, que moi, âgée de 20 ans, je n’ai pas toutes comprises.

Des relations… pas toujours saines

C’est à cet âge-là qu’on découvre de nouvelles personnes, des nouvelles amitiés, mais aussi et surtout, c’est à cet âge qu’on a nos premiers partenaires. À travers Pascal et Keven, la jeune Catherine se questionne sur son orientation sexuelle, sur sa manière d’être dans cette partie de sa vie, avec des expériences qui viendront la rendre encore plus intriguée qu’elle ne l’est déjà…

La drogue et les partys proviennent évidemment de ces nouvelles fréquentations qui, pour elle, ne semblent poser aucun problème. C’est évidemment quand les adultes s’en mêlent que la panique commence à arriver et qu’elle comprend ce qui est en train de se passer.

Une réflexion importante

À travers des rires et des pleurs, une histoire attachante et émouvante, ce sont de grandes leçons qui sont tirées de ce bouquin qui montre la triste réalité de certains jeunes encore aujourd’hui. Dans tout cet amalgame de moments mémorables, qui sont parfois oubliés par la surdose de consommation, des conséquences irréparables peuvent en découler.

L’auteure a assurément adopté une approche pour garder le lecteur attentif du début à la fin, avec une évolution des protagonistes qui peut amener à faire une rétrospection sur la société actuelle, celle où souvent, les jeunes sont incompris et tenus pour acquis.

Et si on prenait le temps de s’asseoir avec eux, d’ouvrir la discussion, d’écouter ce qu’ils ont à dire pour les comprendre? Peut-être pourrait-on les aider à reprendre le droit chemin avant qu’il ne soit trop tard…

Rosie St-André

Passionnée par l’écriture et la lecture depuis son jeune âge, Rosie a un amour inconditionnel pour la langue française et la culture québécoise. Finissante en journalisme en ATM, elle croit important de soutenir les artistes d’ici en leur donnant une voix au sein des différents médias afin de promouvoir le talent de la province

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