Crédit photo : © Théâtre de Quat'Sous

Un automne haut en couleur pour le Théâtre de Quat’Sous

| | ,

C’est sous le mot d’ordre de la résistance que le Théâtre de Quat’Sous dévoile sa programmation de l’automne avec quatre lectures et deux productions qui seront mises en branle dès septembre.

Avec une dernière saison qui a dû être écourtée, l’automne 2021 s’avère en être un prolongement pour les artistes qui sont impatients de retrouver le public. Le directeur artistique du théâtre, Olivier Kemeid, est plus que réjoui de pouvoir présenter cette série de pièces qui présentent des voix toutes plus différentes les unes des autres.

« Nous n’en sommes pas encore sortis, de cette  » période  » dont je n’ose dire le nom, et nous n’en sortirons pas indemnes. Mais le silence prend fin. Le mutisme a fait son temps. Tant qu’il nous reste le cri, et les oreilles pour l’entendre, et les yeux pour le voir, en chair et en os, devant nous, face à nous, avec nous, le théâtre est sauvé. »

Olivier Kemeid par communiqué

La première production, qui sera présentée les 8, 9 et 10 septembre, est une lecture-spectacle du cru de James Hyndman, Océans. Il s’agit de son premier récit, après plusieurs lectures publiques qui ont permis de faire découvrir divers textes aux spectateurs.

Dans ce prochain spectacle, pour lequel il a collaboré avec sa complice Evelyne de la Chenelière, il « se questionne sur la solitude et la complexité des rapports humains. »

« J’ai voulu explorer les abîmes qui existent dans des bribes de conversation en apparence anecdotiques, mais très concrètes. La somme des 12 soliloques constitue un monde, une espèce de fresque à échelle réduite d’une humanité qui essaie de vivre et de se relier à l’autre », a fait valoir James Hyndman en entrevue au Devoir.

La réflexion à travers l’art

Les 16 et 17 septembre, c’est une lecture du texte de Tatiana Zinga Botao, Lettres d’une Africaine, qui sera de la partie au théâtre. L’histoire débute lors d’un souper convivial de discussion, qui finit par engendrer des flammèches du côté de la politique, de l’ignorance, de tokénisme, d’identités plurielles et de singularité.

« Nous, femmes noires, allons nous approprier l’espace pour deux soirs et parler sans censure de notre stigmatisation, mais dans une perspective lumineuse. »

Tatiana Zinga Botao par communiqué
Tatiana
© Théâtre de Quat’Sous

Baldwin, Styron et moi, est une lecture-spectacle inspirée du texte de l’autrice québécoise Mélikah Abdelmounen, dans lequel elle parle de la rencontre des écrivains William Styron et James Baldwin.

Elle « explore l’amitié profonde qui liait les deux écrivains et qui auront, sans le vouloir, jeté les bases de tout le débat entourant les brûlantes questions de l’appropriation culturelle et de la liberté de l’écrivain. » Il sera lu par Lyndz Dantiste, Émile Proulx-Cloutier et Elkahna Talbi les 27, 28 et 30 septembre prochains.

Le temps d’une journée, soit le 3 octobre, un hommage littéraire sera fait pour Serge Bouchard dans un style cabaret, alors qu’il était un grand écrivain et un poète de temps à autre. C’est son humanité, sa sagesse, ses défis, des passions qui ont marqué ceux qui l’ont croisé un jour ou l’autre.

Ici Serge Bouchard présentera la voix du disparu à travers celles de Joséphine Bacon, Mark Fortier, Marie-Michèle Giguère, Pascale Montpetit, Jean-Philippe Pleau, François Ricard et Catherine Voyer-Léger.

Deux productions

On retourne dans l’univers du spectacle pur avec À quelle heure on est mort? du 12 au 30 octobre. Initialement, c’est au printemps 2020 que devaient jouer Gilles Renaud et Louise Turcot pour cette production alors que la pandémie est arrivée. Toutefois, c’est un tout autre concept qui sera exploré cette fois-ci, encore inspiré du collage de Martin Faucher de l’œuvre de Réjean Ducharme.

« C’est le spectacle en ruines : Frédéric Dubois et son équipe de conception recomposent un moment de théâtre à partir des décombres, de ce que ces morceaux épars disent de nous, du temps qui passe, de ce qui nous attend. »

Par voie de communiqué

La saison se termine finalement avec Rita au désert du 16 novembre au 4 décembre. C’est un spectacle qui raconte l’histoire de Rita Houle, à travers laquelle la valeur de ce qui n’a jamais existé semble prendre beaucoup de place dans les réflexions.

« Dans cette pièce, j’ai un désir secret. Celui de sauver ce qui n’a jamais existé. Faire que vive, quelque part, ce qui n’est jamais advenu. Il faut témoigner autant de la vie que de la mort. Aussi bien de ce qui a été, que de ce qui n’a jamais vu le jour », a confié la metteure en scène, Isabelle Leblanc.

Pour avoir accès à toute la programmation et pour acheter des billets, il suffit de se rendre sur le site du Théâtre de Quat’Sous.

Rosie St-André

Passionnée par l’écriture et la lecture depuis son jeune âge, Rosie a un amour inconditionnel pour la langue française et la culture québécoise. Finissante en journalisme en ATM, elle croit important de soutenir les artistes d’ici en leur donnant une voix au sein des différents médias afin de promouvoir le talent de la province

Précédent

Dune : diviser pour mieux régner

Meghan Oak lancera une version acoustique de son plus grand succès

Suivant