Crédit photo : © YouTube/SAMIAN MUSIK

Pour saluer le combat de Samian

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En plein cœur d’un été de dénonciations contre les (nombreuses) injustices envers les peuples autochtones au Canada, la rappeur Samian a fait ce qu’il fait de mieux – pour toucher là où ça fait réfléchir. Presque entièrement en interprété en anichinabé, son nouvel album Nikamo met en valeur une culture blessée et se veut de faire avancer les choses.

Il y a quelque chose de noble dans un tel combat. Membre de la communauté anichinabée de Pikogan, en Abiti-Témiscamingue, Samian défend et fait fièrement valoir ses racines algonquines depuis le commencement. Et il faut savoir qu’à ses débuts, on ne parlait pas autant des Premières Nations qu’on le fait aujourd’hui – même s’il y a encore du chemin à faire.

Sauf qu’après 15 ans de carrière, son combat n’aura jamais été aussi actuel. Devant les scandaleuses découvertes de sépultures aux pensionnats de Kamloops, de Marieval, de Cranbrook et de l’Île-Kuper, publier de la musique autochtone est à la fois un cri du cœur bien placé et un hommage justifié.

Au sein du rap québécois, Samian est l’un des seuls qui se concentre exclusivement à revendiquer pour ces peuples trop souvent persécutés. À vrai dire, si l’on pense à la musique autochtone, son visage est sans doute l’un des premiers qui vient en tête.

C’est donc dire qu’à travers sa musique, le rappeur de 38 ans s’est affirmé comme fervent défenseur d’un peuple. Porteur d’une mission bien précise, il a par ailleurs confié au Journal de Montréal qu’il n’avait aucune raison de changer de sujet, puisqu’il y a encore beaucoup à accomplir.

Nikamo, cinquième disque du registre de Samian, contient des musiques au rythmes et aux sonorités autochtones.

« J’espère que ça pourra ouvrir les horizons des gens, pour qu’ils prennent conscience que ces langues-là existent, ici au Québec. Ce sont des cultures autochtones riches que nous avons au Québec. »

– Samian, en entrevue avec Radio-Canada

Si au départ, c’étaient sept chansons entièrement anichinabées qui y figuraient, l’artiste a fait une exception pour son morceau Génocide. Chanson d’abord parue en format simple en réponse aux événements entourant la mort tragique de Joyce Echaquan à l’automne dernier, elle a été ajoutée à l’album en raison du contexte difficile pour les communautés autochtones canadiennes.

L’acharnement de Samian sur la question des Premières Nations ne peut avoir qu’un impact positif pour la valorisation de sa culture auprès du grand public, premier véhicule de la tolérance.

Évidemment, son travail est loin d’être terminé.

William Thériault

William est un véritable passionné d'actualité et d'information. Rêveur se démenant au quotidien, il a le journalisme pour vocation. Couvrir la culture, c'est un moyen de sortir de sa zone de confort.

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