Crédit photo : © Musée national des beaux-arts du Québec

« Picasso. Figures » : la rencontre de l’art, du politique et de l’éthique

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Le Musée national des beaux-arts du Québec accueille cet été une sélection d’œuvres du célèbre artiste, qu’il présente conjointement avec l’exposition collective Ouvrir le dialogue sur la diversité corporelle.

Prêtées par le Musée national Picasso-Paris, les œuvres sont disposées en six sections qui retracent le fil de la carrière de Picasso et l’évolution de ses figures, de féminines à tardives en passant par cubistes, magiques, sculpturales et défigurées

Si le musée rend hommage à la contribution colossale de Picasso à l’art du XXe siècle, il tient aussi à « l’ancr[er] dans notre réalité », reconnaissant l’immoralité de certains comportements de Picasso à l’égard des femmes dans un contexte où ils sont de plus en plus documentés et critiqués. Il propose donc la réflexion suivante, qui accompagne les visiteurs tout au long de l’exposition : faut-il séparer l’artiste de son œuvre? 

S’il est impossible de répondre dans l’immédiat à cette question philosophique, le musée propose plusieurs pistes à explorer, incluant des bribes de la pensée de Picasso lui-même et de celles de Sara Hini et Cassandra Cacheiro, fondatrices de The Womanhood Project et de Mickaël Bergeron, auteur et chroniqueur, qu’on peut entendre discuter dans un audioguide lors de la visite ou encore sur le site du musée.

Cette exposition a aussi été pensée de façon à nourrir une réflexion sur la diversité corporelle, Picasso ayant lui-même passé sa carrière à révolutionner les standards de représentation des corps humains. Après avoir pu admirer la métamorphose du corps dans l’œuvre de Picasso, les visiteurs terminent leur parcours dans une salle consacrée à l’exposition Ouvrir le dialogue sur la diversité corporelle. Celle-ci présente des œuvres d’artistes principalement québécois qui célèbrent la diversité des corps humains ou qui critiquent les normes de beauté actuelles, et qui poursuit donc cette réflexion sur leur possible abolition. 

On y retrouve des oeuvres des groupes et artistes suivants : The Womanhood Project, Chason Yeboah, Kamissa Ma Koïta, Kezna Dalz, Fred Laforge, Alain Benoit, Marion Wagschal, Arianne Clément, Haley Morris-Cafiero et Les folies passagères.

Au terme de la visite, de nombreuses questions subsistent, tant sur la relation entre Picasso et son œuvre que sur le dialogue dans lequel on tente d’engager les deux expositions, ainsi que sur ce que celui-ci nous révèle sur notre propre monde. Mais c’est peut-être là l’une des plus grandes réussites de l’exposition : susciter une réflexion qui, peu importe notre appréciation de son évocation au musée, est d’une richesse et d’une pertinence incontestables… à l’image de l’œuvre elle-même de Picasso.

Marguerite Setrakian
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