Crédit photo : © Radio-Canada

Le relais derrière la médaille : le documentaire d’un moment historique

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Il y a 25 ans, un quatuor de sprinteur canadiens a réalisé l’improbable: remporter l’or du relais 4x100m aux Jeux olympiques devant les Américains, des leaders incontestés qui couraient à la maison à Atlanta. Pour souligner cet événement historique, Kimberley Ann Surin en a réalisé un documentaire. Projection · Culturel présente une entrevue exclusive, question de vous donner envie d’écouter ce mini-documentaire disponible depuis le 3 août sur Tou.tv

C’est donc le 3 août 1996 que Donovan Bailey, Robert Esmie, Glenroy Gilbert et Bruny Surin ont fait cet exploit devant plus de 85 000 spectateurs à Atlanta. En effet, c’est bien la fille aînée du coureur qui a fait le film.

D’entrée de jeu, il est primordial de noter qu’un climat de proximité règne au sein de la famille Surin, dont la relation entre les deux sœurs ne fait pas exception. Katherine, la plus jeune des deux, est toujours en train d’encourager sa sœur cadette à foncer dans ses projets, ce qui a quelque chose de très motivant, a confié la réalisatrice. Chaque fois que cette dernière a un nouveau projet en tête, Katherine est la première personne informée. C’est véritablement elle qui a été la bougie d’allumage derrière ce mini-documentaire.

« Ma soeur et moi, on s’est regardé et on a réalisé qu’avec le report des Jeux olympiques, ça allait faire 25 ans en 2021. On s’est dit, il faut faire un documentaire là-dessus. »

Kimberley Ann Surin, réalisatrice

La réalisatrice hésitait à se lancer dans le vide de cette manière, mais c’est l’insistance de sa sœur qui a tout changé. Par la suite se sont enchaînés les coups de téléphone à Radio-Canada ainsi qu’à CBC Sports et le projet a pu enfin démarrer. « Mon objectif premier était de le faire pour les Jeux olympiques ! », avoue-t-elle en entrevue.

La jeune femme ne s’en cache pas, le défi était de taille pour réaliser un projet de cet ampleur en moins d’un an, mais avec les bonnes ressources autour d’elle, Kimberley aura su rendre un produit à la hauteur de ses espérances. Elle a notamment bénéficié de l’aide d’une productrice expérimentée qui était emballée par le projet et qui l’a aidée à trouver les ressources financières nécessaires pour le mener à terme.

Plus qu’un père de famille

Pour Kimberley, son père, avant, était une personne comme une autre, alors que c’est avec le documentaire et les entrevues qu’elle a faites qu’elle a réalisé tout ce qu’il avait accompli. Elle se sentait comme une petite fille qui admirait quelqu’un d’important. Au cours des échanges, elle se rendait compte que cette personne importante qu’elle avait devant elle, c’était son père.

Avec les témoignages des coureurs qu’elle a recueillis, des réactions des gens qui ont déjà regardé le documentaire et qui lui racontent leurs souvenirs par rapport à cet événement historique, c’est là qu’elle a vu à quel point son père et ses acolytes étaient devenus des personnages importants.

« J’ai switché mon cerveau de réalisatrice. Ce n’était pas mon père que j’avais en entrevue, c’était Bruny Surin. »

Kimberley Ann Surin, en entrevue avec Projection · Culturel

Véhiculer un message fort

En réalisant ce documentaire, Kimberley Ann Surin voulait que les gens vivent une expérience immersive en se plongeant directement dans le corps d’un coureur qui allait gagner la médaille d’or. C’est pour cette raison que, tout au long de ce mini-documentaire, la personne s’adresse au téléspectateur.

« Je veux que les gens retiennent que, peu importe les embûches qui se dressent devant eux dans la vie, ils sont capables d’aller au bout de leurs rêves. »

Kimberley Ann Surin, en entrevue avec Projection · Culturel

Avec ce documentaire, nous voyons toute la force mentale de l’équipe canadienne à l’époque. Scandales de dopages, insultes, refus des commanditaires et fausses rumeurs, voici quelques-uns des aspects négatifs de l’athlétisme au Canada avant les Jeux de 1996 qui sont exposés dans le documentaire. La réalisatrice voulait alors montrer aux gens que, si eux ont réussi à passer au travers autant d’adversité, que tout était possible.

Revivre des émotions fortes du passé

Celle qui a célébré son 27e anniversaire dans les dernières semaines ne s’en cache pas: chaque fois qu’elle regarde les images de cette course historique, elle est constamment sur le bout de son siège. C’est effectivement le sentiment qui nous habite lorsqu’on écoute le documentaire.

Pour ce qui est du côté émotif, les frissons et l’admiration du talent de l’équipe sont les principaux sentiments qui habitent la réalisatrice. Elle mentionne aussi que les frissons qu’elle ressent, son père les ressent à son tour lorsqu’il regarde les images.

« Même si j’ai vu ces images maintes et maintes fois, je ne peux m’empêcher d’avoir des frissons lorsque je les revois. Tu le sais qu’ils vont gagner, mais tu ne peux pas t’empêcher d’être sur le bout de ton siège. »

© Dariane Sanchez

Les projets futurs de Kimberley

Kimberley a mentionné vers les derniers moments de l’entretien qu’une version plus longue du documentaire serait disponible plus tard en 2021. Les tournages commenceront d’ailleurs le 14 août prochain. Cette version nous plongera au cœur de l’après 1996, mais vécu par M. Surin et ses deux filles.

Des témoignages des deux soeurs racontant la pression qui découlait du fait de porter le nom de famille Surin, de l’héritage laissé par cet événement de la vie de Bruny et de leur relation avec leur paternel seront notamment des thématiques abordés dans la seconde partie du documentaire.

La jeune réalisatrice a également confié qu’elle se lançait dans l’univers de la fiction avec la réalisation de son premier long métrage pour lequel elle a eu une bourse d’écriture.

Rappelons également que la version anglaise du documentaire sortira ce vendredi 6 août sur les ondes de CBC.


Pour suivre la réalisatrice Kimberley Ann Surin sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à vous abonner à ses différentes plateformes numériques : Facebook, Instagram et Twitter.

Une collaboration de Louis-Philippe Carrier

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