Crédit photo : © Jean-Simon Marchand / Projection · Culturel

Jay Scøtt : l’autodidacte qui connaît enfin du succès

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C’est en apprenant à gratter une guitare de manière autodidacte sur Youtube vers l’âge de 18 ans que Jay Scøtt s’est mis à faire de la musique. L’objectif initial pour apprendre à jouer de la guitare : charmer des femmes avec des chansons d’amour.

Son désir à vouloir apprendre la guitare le plus rapidement possible fait en sorte qu’aujourd’hui, il manie sa guitare à l’envers.

« Je suis un gaucher, mais je joue avec une guitare droitière, donc toutes les cordes sont inversées. J’ai commencé comme ça parce que j’avais juste ça chez moi et je voulais tellement apprendre que j’ai appris comme ça. »

– Jay Scott en entrevue avec Projection · Culturel
© Jean-Simon Marchand / Projection · Culturel

Cette situation a causé certains soucis au natif de Terrebonne dans ses premières années.

« Pendant quelques années, de nombreuses personnes dans des bands m’ont dit que je n’allais jamais pouvoir jouer avec eux en raison de la façon dont je jouais et aujourd’hui je prouve le contraire. » 

-Jay Scøtt, en entrevue avec Projection – Culturel

Un énorme pas de franchi

13 ans plus tard, ses nombreuses compositions ont fait danser une foule de 350 personnes au Festivoix de Trois-Rivières, une expérience qu’il est loin d’oublier.

« C’était complètement fou, la température était idéale, tout le monde chantait mes chansons, je n’en reviens juste pas encore. »

D’ailleurs, l’émergence de Jay Scøtt est survenue pour plusieurs personnes lorsque Copilote, un de ses morceaux originaux paru il y a un an, est apparu sur le nouvel album Grignotines de luxe de Fouki. Cette version remixée par le rappeur de l’heure a été fort appréciée par le public, tellement qu’elle s’est retrouvée en première position des chansons francophones les plus écoutées à la radio durant plusieurs semaines.

De plus, les deux hommes ont été invités à capter cette chanson dans le cadre des festivités de la Fête du Canada sur le réseau national.  

« Cette collaboration avec Fouki m’a amené un autre public », avoue-t-il.

Ce n’est pas la seule raison qui explique que son nom commence à circuler autant. Depuis près d’un an, ce dernier partage une chanson à chaque mois. Au moment d’écrire ses lignes, si vous parcourez son profil sur Spotify, vous pourrez y retrouver 15 chansons.

De l’improvisation musicale, c’est comme cela qu’il travaille

L’ancien intervenant en santé mentale chez les jeunes s’inspire beaucoup d’histoires dont il a été témoin pour composer ses chansons.

« Ce que les gens entendent n’est pas nécessairement des choses que j’ai vécues, mais plutôt des choses qu’on m’a racontées », raconte celui qui fait la pluie et le beau temps dans les radios francophones.

Jay Scøtt sort de l’ordinaire avec une proposition de rap qui n’en ai pas vraiment.

« La manière dont j’écris s’identifie au rap, mais maintenant je suis plus prêt à dire que je fais de la musique. J’aime mieux pouvoir sortir de la boite et faire un peu ce que je fais que de me priver de ce que je veux en me mettant dans la catégorie ‘’rap’’. »

– Jay Scøtt, en entrevue avec Projection – Culturel

L’inspiration du Terrebonnien est très versatile, il utilise une technique de plus en plus répandue pour la composition de ses chansons : le « toplining »

« C’est chanter n’importe quoi, mais d’une manière pour trouver des mélodies. Donc, moi je peux passer une demi-heure à baragouiner un genre d’anglais pas clair. Quand cela est fait, j’accroche avec des mots.  Il y a beaucoup de rappeur qui utilise cette technique. Par exemple, Fouki le fait beaucoup. Si vous tendez l’œil, vous allez facilement entendre qu’il fait du ‘’toplining’’. »

– Jay Scøtt, en entrevue avec Projection – Culturel

L’importance d’être bien accompagné

En plus de Fouki, Mike Clay, le chanteur de Clay and Friends, a adopté cette manière d’écrire. Celui-ci est également un grand mentor pour Jay Scøtt.

« Dès que j’avais des questionnements, je me tournais vers lui. Je lui demandais si je devais faire tel mouvement que je voulais faire. »

Pour lui, Mike Clay est un mentor, mais également un ami.

« J’ai collaboré avec Mike sur une chanson (Westmout) et on a vraiment cliqué. Il m’a vraiment aidé dans mes débuts, je n’avais même pas d’ordinateur et il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Il m’a recommandé à son agence et il a travaillé très fort pour m’aider à gravir les échelons. »

Jean-Simon Marchand / Projection · Culturel

Ses derniers succès le font planer sur un nuage et il espère que cela continue dans cette voie.

 « Présentement, j’ai travaillé toute ma vie pour faire ce que je suis en train de faire, donc à partir de ce moment, c’est juste un bonbon. Je me réveille à chaque matin et je n’en reviens pas de ce qu’il se passe. Je n’espère juste jamais revenir en arrière », souligne-t-il.

 Humblement, il était très heureux du travail qu’il avait accompli et voit que cela porte ses fruits.

« Ça m’a pris du temps avant de trouver mon style et maintenant que je l’ai trouvé, je vais continuer à le faire. Je vois qu’il y a de plus en plus de personnes qui s’intéressent à ce que je fais », affirme-t-il.

Une nouvelle étape

Les choses changent et pour le bien dans le cas de Jay Scøtt, alors qu’il a signé avec Disques 7ième Ciel qui est l’une des plus grandes entreprises culturelles du Québec, spécialisée dans la gestion des rappeurs. Elle compte entre autres dans ses rangs Fouki, Alaclair Ensemble, Koriass et Souldia, pour ne nommer qu’eux.

Selon ses dires, il avait déjà reçu plusieurs offres, mais elles lui demandaient toutes de se dénaturer.

« Les boites m’approchaient et ils voulaient tous que je fasse un album de douze chansons qui devait sortir à une date prédéterminée et ça ne m’intéressait vraiment pas », indique le rappeur.

Il était important pour celui-ci de garder un contrôle sur son art et il a été comblé en lisant l’offre de Disques 7ième Ciel.

« Ils ont été les premiers à me dire de continuer ce que je fais et qu’on allait me donner les moyens de le faire. Ça m’avait un peu saisi parce que c’est une grosse production, ils ont beaucoup d’artistes et ça va très bien. Tu vois, si je n’avais pas été avec Disques 7ième Ciel, je n’aurais jamais fait le Festivoix », avoue-t-il.

Qu’est-ce qui l’attend à court terme ?

Il veut en profiter pour faire le plus de spectacles possibles. Il tente de donner une expérience différente à ses spectateurs à chaque représentation.

 « Il n’y a pas un spectacle de pareil parce que j’ai près de 45 minutes de chansons. Le reste du temps, j’aime parler avec le public et dire beaucoup de niaiseries. L’avantage est que si tu reviens me voir, tu vas avoir quand même un spectacle différent », fait-il valoir.

Il ne pouvait pas donner trop de détails, mais surveillez-le bien, un nouveau projet d’envergure avec sa chanson Broken pourrait être dévoilé prochainement. 

Une question reste sans réponse : pourquoi s’appelle-t-il Jay Scøtt ?

Celui-ci explique que c’est le résultat d’un générateur de noms qui a décidé ce nom.

Si vous voulez encourager Jay Scøtt, il est possible d’aller s’abonner à son Patreon. Pour 4$, vous avez accès à toutes ses chansons à l’avance, alors que pour 7$, vous avez la chance d’avoir des tutoriels de ses chansons en plus d’avoir le tout à l’avance.  

Marc-André Fortin

Véritable passionné de la culture québécoise, Marc-André voit dans ce projet, une chance de pouvoir transmettre un peu de sa passion à toute personne qui s’y voit intéressée. Que cela passe par les séries télévisées, les chansons québécoises ou les humoristes, il aimerait que les jeunes se reconnaissent et s’accrochent à ce qui est fait ici.

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