Crédit photo : Courtoisie, Samuel Larochelle

Samuel Larochelle et son triplé printanier

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Samuel Larochelle est auteur, poète et journaliste. Arborant ces différents chapeaux, il trouve son aise dans une multitude de styles de rédaction. Inséparable de son clavier, il s’en est donné à cœur joie dans la dernière année. Rencontre avec ce passionné d’écriture.

Ce printemps seulement, l’Abitibien de naissance et Montréalais d’adoption a publié trois livres. Avec trois maisons d’éditions distinctes. Sur des thèmes qui vont dans tous les sens. Bon vivant, le trentenaire se décrit comme un « hyperactif de l’écriture », et c’est facile de comprendre pourquoi.

« J’ai un milliard d’idées en très peu de temps et assez d’énergie pour réaliser mes projets », confie-t-il en ricanant.

Le premier ouvrage de ce triplé printanier s’intitule Combattre la nuit une étoile à la fois. Il a été publié le 12 mars, chez les éditions Héritage Jeunesse. Court roman poétique, il exprime ce qu’on ressent lorsqu’on a l’impression de prendre trop de place, particulièrement à l’enfance.

Vient ensuite J’ai échappé mon cœur dans ta bouche, paru le 21 avril chez Stanké. Ce récit intime aborde en 192 pages des thèmes liés aux relations comme l’amour, le consentement, les applications de rencontres, la sexualité et le rapport au corps.

François Gendron : 42 ans de passion pour le Québec et ses régions complète le trio. Comptant 400 pages, cette biographie est assez costaude. Pour la rédiger, Samuel Larochelle a conduit 60 heures d’entrevues avec François Gendron, détenteur du record de longévité à l’Assemblée nationale.

Comme les contrats de pigiste se faisaient plus rares (particulièrement de mars à septembre 2020), le journaliste en a profité pour faire aller sa plume littéraire.

« [De mars à septembre], je recevais entre 0 et 5% de mes contrats habituels. Mais j’ai passé au travers parce que j’avais des économies substantielles et des projets en développement qui venaient avec un salaire. Ça compensait. Financièrement, l’année a été moins désastreuse que je ne le croyais. »

– Samuel Larochelle

Samuel Larochelle a rédigé les trois livres mentionnés ci-haut depuis le début de la pandémie, preuve de son rythme de travail effréné. Dès qu’un projet avait été mené à terme, il amorçait le suivant. Et il a l’intention de continuer sur cette même lancée.

Avec le Groupe Libre Expression, compagnie mère des éditions Stanké, l’auteur de 34 ans publiera la biographie du chanteur Bruno Pelletier. C’est un projet sur lequel il travaillera jusqu’en juillet. Sa sortie est prévue pour 2022.

Cet automne, l’écrivain rédigera un « gros roman ». Il enchaînera à l’hiver avec une autre biographie. Des ébauches (encore embryonnaires) sont en cours de développement pour 2023, peut-être même 2024, chez Héritage Jeunesse.

« J’écris beaucoup plus rapidement que les gens pensent : je suis célibataire et sans enfant, puis je travaille de la maison. J’écris beaucoup, mais j’ai quand même du temps libre », indique l’homme aux mille projets.


Pigiste malgré tout

Samuel Larochelle a beau avoir « perdu six mois de journalisme », le domaine demeure une facette essentielle de son mode de fonctionnement professionnel.

« Le coté plus structuré fait du bien à mon cerveau. Je suis meilleur journaliste parce je suis un écrivain, et je suis meilleur écrivain parce que je suis journaliste. Ça, j’en suis convaincu »

– Samuel Larochelle

Il n’est pas journaliste « pour payer des factures ». Après tout, il y a des métiers bien plus payants. Ce qui l’intéresse, c’est « de rencontrer les gens qui changent le monde ».

La 1er mai, La Presse a publié un texte qui allait témoigne de cette volonté ; celle de rencontrer des personnes qui ont quelque chose à dire. L’article était signé Samuel Larochelle, collaboration spéciale.

Il était ici question du livre de Guillaume Cizeron, un patineur artistique français issu de la communauté LGBTQ+ qui s’est longtemps questionné sur son identité de genre et qui a couché sur papier son ressentiment en 150 pages.

Non seulement ça a été publié, mais ça a fait la couverture du cahier des sports. Euphorie.

« Je suis fier de ce texte-là parce qu’il a été en première page du cahier des sports de La Presse, où il est question d’identité de genre et d’orientation sexuelle dans un monde généralement conservateur, parfois homophobe. Guillaume a fait preuve d’une grande ouverture. Je sens que j’ai écrit à la hauteur du sujet. Le texte a été salué et très très lu. Avec ça, on fait progresser les mentalités. »

– Samuel Larochelle

Lui aussi membre de la communauté LGBTQ+, l’artiste qui fêtera ses 35 ans la semaine prochaine y trouve une cause qui lui tient à cœur.

À la Maison de la culture Janine-Sutto, dans l’arrondissement Ville-Marie, il chapeaute Accents Queer, un cabaret littéraire qui a pour objectif de « faire entendre les mots, les réflexions, les émotions et la façon dont les personnes LGBTQ+ expérimentent le monde, tout ça en faisant découvrir des talents. »

« On a fait vraiment beaucoup de progrès par rapport à il y a dix ans. […] Pour continuer en ce sens, il faut donner plus de place à des créateurs issus de la diversité, consulter des personnes de la diversité pour éviter les stéréotypes. Que les producteurs arrêtent de penser qu’un [personnage] lead LGBTQ+ va faire peur au public. Je pense que le grand public est curieux de voir autre chose que des gens qui leur ressemblent. »

– Samuel Larochelle

La présence d’un couple homosexuel à L’amour est dans le pré, c’est ce qui l’a poussé à regarder l’émission pour la première fois. Pareil pour Si on s’aimait. Et la présence de la drag queen Rita Baga à Big Brother l’a cloué devant son écran. C’est certain qu’il n’est pas le seul à avoir eu le réflexe.

William Thériault

Passionné d’écriture, il adore produire des textes journalistiques et rencontrer des artistes du milieu. En plus de superviser la production du contenu du site, il couvre avec précision l’actualité culturelle québécoise, tout en s’assurant de fournir le contenu le plus authentique possible aux lecteurs.

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