Crédit photo : Arianne Prud'homme

« Le purgatoire des intimes » : un deuxième film prometteur pour Philippe Cormier

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Le 18 avril dernier, le réalisateur Philippe Cormier présentait Lorsque le coeur dérange, son premier long-métrage, pour la première fois devant public dans le cadre du Festival Émergence. Quelques semaines plus tard, il annonce la distribution de son deuxième film en moins d’un an, dans lequel il aura la chance de jouer. En entrevue avec Projection · Culturel, le réalisateur de 21 ans se confie sur son parcours et sur la production de sa prochaine réalisation : Le purgatoire des intimes.

Avec ce second long-métrage, Philippe Cormier vient davantage affirmer son style cinématographique unique. Plongeant avec brio dans l’univers du drame psychologique, le cinéaste explore dans ses films différents thèmes considérés « crus » comme la sexualité et la maladie mentale. Le purgatoire des intimes raconte l’histoire d’Alain (Normand D’amour), un homme âgé de 55 ans qui, suite à la mort de sa mère, a vécu un traumatisme qui rend problématiques ses relations avec les femmes.

« Avec Le purgatoire des intimes, je suis vraiment dans l’incompréhension de la famille face à la maladie mentale et les relations problématiques avec les femmes », précise Philippe Cormier en entrevue avec Projection · Culturel.

Quand le tabou n’existe plus

Ce n’est pas la première fois que le cinéaste aborde le thème de la santé mentale. La maladie mentale est un sujet de moins en moins tabou avec les jeunes générations, ce qui permet au jeune réalisateur d’en parler ouvertement. Si Lorsque le coeur dérange explorait la psychose, Le purgatoire des intimes, lui, parle surtout de choc post-traumatique et de solitude.

« Moi, je suis dans une génération où ce n’est plus vraiment tabou de parler de ces sujets-là, explique Philippe Cormier. Je sais que c’est risqué et que le public plus large pourrait être fermé. Mais ça pourrait aussi ouvrir leur horizon vers d’autres sujets et problématiques sur lesquels ils n’auraient peut-être pas pris le temps de se renseigner s’ils n’avaient pas écouté le film. »

© Marie-Eve Richard

L’art du non linéaire

L’une des choses qui a frappé les spectateurs lors de la projection de Lorsque le coeur dérange, c’est le fait que le film soit construit, ou plutôt déconstruit, d’une manière non linéaire. L’histoire est ponctuée de flashbacks ici et là, rendant le récit plus décousu. On peut s’attendre à voir la même chose dans Le purgatoire des intimes alors que Philippe Cormier reprend la même formule gagnante qui rend son style si unique. Le but de cette formule étant d’essayer de comprendre les événements qui ont amené le personnage à vivre certaines situations.

« J’aime beaucoup faire des retours dans le temps, déclare Philippe cormier. Je pense que c’est intéressant de jouer non seulement avec la psychologie du personnage, mais aussi avec celle des spectateurs tout au long du film. »

Une brillante distribution

Normand D’amour n’est pas le seul gros nom à faire partie de l’impressionnante distribution de ce second film. À ses côtés, on peut entre autres retrouver Sonia Vachon, Mélissa Bédard, Brigitte Lafleur et Anne Casabonne. Le cinéaste a aussi choisi de poursuivre sa carrière avec quelques acteurs tirés de la distribution de son premier film comme Rebecca Gibian, avec qui il a eu une « connexion particulière ».

Le processus de sélection n’a toutefois pas été différent d’un acteur à l’autre. Les plus expérimentés comme les moins expérimentés ont dû passer par le processus d’audition, sans exception.

« Pour moi, c’était vraiment important de voir l’énergie de la personne avant tout, indépendamment de son métier d’actrice ou d’influenceuse. Je recherchais avant tout le talent. »

Philippe Cormier, en entrevue avec Projection · Culturel

Ainsi, chacun a eu la chance d’auditionner pour un rôle, sans risquer de se voir remplacer par un acteur plus connu. « Je sais que les gens vont souvent pensé qu’on priorise des acteurs qui ont déjà une certaine expérience et visibilité, mais je ne me suis pas fié là-dessus », affirme Philippe Cormier en entrevue.

À suivre…

Le purgatoire des intimes sera tourné cet été, moins d’un an après le premier film du cinéaste Philippe Cormier. D’ailleurs, pour les curieux, Lorsque le coeur dérange sera très bientôt rendu disponible sur une plateforme numérique.


Jeune en âge, mais grand en termes de compétence

Philippe Cormier, 21 ans, a fait ses études en cinéma au Cégep de Saint-Jérôme. Armé de cette seule expérience et d’une volonté inouïe, il a écrit et réalisé deux longs-métrages en moins de deux ans, en tenant compte des mesures de distanciation sociale imposées par la santé publique. Tout en réalisant son film, le cinéaste jongle avec son métier d’acteur et celui de mannequin, pour lesquels il se passionne autant.

© Andréanne Gauthier

Audrey Robitaille

Amoureuse des mots depuis toujours, Audrey étudie présentement le journalisme à l’UQAM. Passionnée d’écriture, de théâtre et de tout ce qu’elle entreprend, elle souhaite partager son amour de la culture québécoise.

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