Crédit photo : © Tout le monde en parle

Inspiration PC : le bien-être des aînés avec Annie-Soleil Proteau

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Chaque semaine, la chronique Inspiration PC vous présente une nouvelle personnalité québécoise qui inspire les Québécois par leur bon fond ou par un geste qu’ils ont posé. Dimanche dernier, Annie-Soleil Proteau a fait une touchante apparition à Tout le monde en parle pour parler de son documentaire La dernière maison, qui lève le voile sur la façon dont le Québec traite ses personnes âgées.

L’animatrice étant très proche de sa grand-mère, l’annonce de son décès a déclenché chez elle un tourbillon d’émotions qui a amené son lot de questions. Aurait-elle pu prendre soin de sa grand-mère ? Sa grand-mère serait-elle toujours en vie si elle était restée à la maison au lieu d’emménager dans une résidence pour personnes autonomes ? Des questions qui resteront toujours sans réponse, mais sur lesquelles Annie-Soleil a voulu se pencher. De là est née l’idée de produire un documentaire qui montrera les différentes réalités que vivent nos aînés ainsi que le manque de soutien aux familles qui désirent garder leurs parents à la maison.

© Page Instagram Productions Déferlantes

« Quand tu magasine une résidence pour personnes âgées autonomes, ce qu’on te dit, c’est qu’il faut qu’elle rentre tout de suite parce que les gens doivent rentrer quand ils sont 100% autonomes, a expliqué Annie-Soleil en entrevue avec Tout le monde en parle. Le jour où elle va perdre de l’autonomie, ils ont un étage pour les gens moins autonomes donc ils vont prendre soin d’elle et ils vont la garder donc elle n’aura pas à redéménager, elle va déjà être rendue. Ça va lui éviter un choc. Il faut qu’elle rentre pendant qu’elle est encore en forme ».

Après deux semaines dans la résidence, l’état de sa grand-mère a décliné drastiquement. Alors qu’elle était hospitalisée, la résidence a annoncé qu’elle ne pouvait la reprendre à cause de sa perte d’autonomie. « On a fait tout ça pour rien », a affirmé Annie-Soleil, une pointe d’incompréhension et d’amertume dans la voix.

Dénoncer le manque d’options

Si Annie-Soleil n’a pas réussi à trouver de bonnes options pour sa grand-mère avec un vaste réseau de contacts, elle se rend compte du constant combat que doivent mener ceux qui n’ont aucune ressource. « Ça m’a brisé le coeur », a-t-elle avoué, désemparée par le manque d’options qui s’offrent aux familles et aux personnes vulnérables.

© Page Instagram Productions Déferlantes

C’est la gorge serrée que l’animatrice se dit inquiète pour l’avenir de ses parents et de tous ceux qui deviendront âgés prochainement. « Quand je vois, en ce moment, qu’on est en train de maintenir en place un système qui ne fonctionne pas, ça me met tellement en tabarnak. […] Les maisons pour aînés, ce sont pour moi des CHSLD déguisés. Ce sont des CHSLD sur lesquels on met un petit rouge à lèvres et un beau vernis », a dénoncé Annie-Soleil.

Prendre exemple ailleurs

Pour Annie-Soleil Proteau, la solution la plus humaine serait d’investir davantage dans les soins à domicile pour aînés. Avec son documentaire, elle espère qu’on écoute et surtout que l’on entende ce que nos aînés veulent nous dire. Au Québec, 80% des aînés souhaitent rester à leur domicile. Pourtant, le Québec demeure bien piètre dans ce domaine.

« Je suis triste et je suis en criss ».

Annie-Soleil Proteau, en entrevue à Tout le monde en parle

L’animatrice se penche d’ailleurs sur le cas du Danemark qui, à l’inverse, investit 73% des fonds réservés aux aînés dans les soins à domicile. Au Québec, on en investit seulement 20%. Pour Annie-Soleil, il est évident que les préposés manquent de temps dans nos établissements pour bien traiter nos aînés, en plus d’être sous-payés. Si on investissait davantage dans les soins à domicile et qu’on se contentait de maintenir les CHSLD présents en place sans en construire d’autres, nos aînés et leurs proposés s’en trouveraient récompensés.

En ce moment, les familles qui désirent payer des soins à domicile au privé doivent dépenser une somme astronomique. Il n’y a qu’une infime partie de la population qui peut se payer des soins pareils, alors que ça devrait être accessible pour tous.

« C’est tellement injuste, a déclaré Annie-Soleil. Tous les gens qui n’ont pas les moyens de se payer ces soins-là, qu’est-ce qu’ils font? Ça me fait tellement mal en dedans ».

Tout au long de l’entrevue, on peut sentir la colère et le désespoir qui anime Annie-Soleil. On sent que ce cri du coeur est le combat qu’elle a choisi de mener, et on ne peut que la remercier de se battre pour notre avenir et celui de nos parents.


Le documentaire La dernière maison d’Annie-Soleil Proteau sera diffusé le dimanche 6 juin prochain à 21h sur les ondes de TVA.

Audrey Robitaille

Amoureuse des mots depuis toujours, Audrey étudie présentement le journalisme à l’UQAM. Passionnée d’écriture, de théâtre et de tout ce qu’elle entreprend, elle souhaite partager son amour de la culture québécoise.

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