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UQAM en spectacle en mode COVID : l’art du spectacle revisité

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L’année n’a pas été tendre avec l’industrie du spectacle, même si plusieurs artistes recommencent maintenant à offrir des prestations en mode COVID : file d’attente distanciée, nombre de places limité, bulles respectées. Hier soir, UQAM en spectacle, présenté par CHOQ.ca, a servi la marchandise pour leur 16e édition. Si l’effervescence d’une foule en délire était plus ou moins au rendez-vous, le talent des artistes, lui, était indéniable.

Remerciements, UQAM en spectacle

Avec une capacité maximale de 30 spectateurs, dont les artistes et leurs proches, le spectacle a été présenté en présentiel devant un public très restreint. Toutefois, UQAM en spectacle a remédié au problème en diffusant les prestations en ligne pendant la soirée. Ainsi, les spectateurs férus de spectacles amateurs ont pu visionner les huit artistes émergents se produire lors de courtes vidéos réalisées au préalable.

S’enchaînant les unes après les autres, les capsules laissaient peu de place à la compréhension et à l’absorption de la dynamique de l’artiste. On peut là se questionner sur cette absence d’effervescence et de spontanéité qui rend un spectacle si unique. D’abord, dans les vidéos, les candidats ne sont pas confrontés au défi du « direct ».

Animée par Aly Brassard, connue pour ses vidéos TikTok, la soirée a été un succès malgré les mesures de prévention de la COVID-19. Le tout était jugé par cinq juges tous aussi compétents les uns que les autres : Mathieu Aubre, Natalie Choquette, Jade Bruneau, Sam Boisvert et Gabrielle Fontaine.

Entre humour et poésie

Malgré le contexte pour le moins inusité, les artistes ont tous réussi haut la main le défi qui leur était demandé. De la poésie à l’humour, en passant par le slam et le black métal, ils ont tous rayonnés par leur talent, mais surtout par leur passion réelle pour leur art.

Mon coeur a particulièrement flanché pour Jade Lapratte, dont l’interprétation de la chanson La fièvre des fleurs s’est valu la première place du concours. D’une douceur magnifique, le charisme de Jade réside dans sa simplicité. Assise au centre de dizaines de chandelles, l’épaule nue, les doigts qui grattent les cordes de sa guitare. Un numéro sans artifices autre que le pouvoir de sa voix, qui nous berce et nous transporte tout au long de la chanson.

Pour cette 16e édition, l’humour a sans aucun doute été à l’honneur. Le récipiendaire de la troisième place, Charles Boivin-Groulx, a su charmer le public et les juges avec son slam Esti d’belle journée, racontant les « blues » des étudiants. Doté d’un humour assumé et d’une belle écriture, Charles a conquis les juges avec son charisme et ses rimes pas toujours faciles.

« C'est toujours la même chose, 
1, 2, 3, 
A, B, C,
Comme si le système scolaire voulait m'abaisser.
On passe tout notre temps derrière le pupitre,
Pour faire flipper des boulettes comme Danny Pitre ».

Extrait d'Esti d'belle journée, de Charles Boivin-Groulx

Un second numéro d’humour a volé la vedette hier soir alors que Violette Cantin s’est vue attribuée la deuxième place ainsi que la mention spéciale des juges pour sa prestation de Colonisatrice. L’étudiante en journalisme, en plus de posséder un talent flagrant pour l’humour, a un réel désir de changer le monde. Violette utilise l’humour pour éveiller les consciences et là se trouve toute la beauté de son numéro. Une humoriste engagée à suivre absolument !

« Colonisatrice » par Violette Cantin

Coups de coeur

S’il est évident que chacun des gagnants a mérité son prix haut la main, je ne peux terminer l’article sans parler de mes coups de coeur de la soirée. D’abord, j’aimerais souligner l’unique prestation des Sarcastiques, un groupe de « trois gars qui ont du fun ». À leur manière, ils ont interprété trois de leurs chansons qui racontent le parcours amoureux d’Alex et Aly, une femme forte qui fait de l’asthme. Ils ont impressionné le public avec leur identité artistique clairement définie et leur habileté à écrire des chansons sarcastiques.

« Emmène-moi dans ta chambre pour me montrer tes jolies jambes, je m'en fout juste assez pour pas te demander d'arrêter ».

Extrait de Dans ta chambre, des Sarcastiques.

Ensuite, j’aimerais attribuer ma mention spéciale, qui ne vaut pas grand-chose sauf l’amour du public, à Élizabeth Grondin qui a provoqué des rires à plusieurs reprises dans la salle lors de son numéro d’humour Octogénaire. D’une intensité particulière, la jeune humoriste crevait l’écran.


Félicitions à tous les artistes participants : Charles Boivin-Groulx (Esti d’belle journée), Lauriane Cuello (Il n’y a que des individus fiables ou non), Félix-Antoine Houle, Jonathan Fortin et Marc-Olivier Maheu (Les Sarcastiques), Émilie Lorrain-Bélanger (Flocon de neige), Élizabeth Grondin (Octogénaire), Horia Vlad Guzu (Horojar), Jade Lapratte (La fièvre des fleurs) et Violette Cantin (Colonisatrice).

Mention spéciale à toute l’équipe derrière UQAM en spectacle qui a su réinventer l’art du spectacle avec brio.

Audrey Robitaille

Amoureuse des mots depuis toujours, Audrey étudie présentement le journalisme à l’UQAM. Passionnée d’écriture, de théâtre et de tout ce qu’elle entreprend, elle souhaite partager son amour de la culture québécoise.

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