Le club Vinland : « c’est correct de rêver »

Le club Vinland
© Les films Opale

Le club Vinland : « c’est correct de rêver »

Le club Vinland, c’est plonger dans l’univers d’un religieux dont la manière d’instruire diffère et dérange. En 1949, alors que la Grande Noirceur bat son plein, le frère Jean tente de montrer à une douzaine d’élèves que « c’est correct de rêver* », même si l’endoctrinement catholique prédomine. Parce que si lui ne s’en occupe pas, personne d’autre ne le fera.

Dans son interprétation du frère Jean, Sébastien Ricard est si convaincu qu’il en devient convaincant. Il s’agit là du point fort de ce film. C’est comme si le scénario de Benoît Pilon (également réalisateur), Normand Bergeron et Marc Robitaille avait été écrit spécialement pour lui.

Entouré de quelques hommes rigides dont la religion dicte évidemment les principes, ce frère se distingue par son progressisme. Son approche éducative privilégie l’archéologie et les récits du mythique Vinland (premier territoire viking découvert en Amérique du Nord) à la Bible, ce qui crée des tensions au pensionnat.

Penser hors des livres attirera des ennuis au protagoniste, mais aura également son influence positive sur les garçons – et particulièrement sur Émile Lacombe (Arnaud Vachon). Ayant perdu son père, le jeune Émile arrive au collège désorienté, mais y découvre une figure bienveillante, presque paternelle.

Dans un univers dont les décors reproduisent fidèlement un Québec du milieu du XXe siècle, le jeu du frère Cyprien (François Papineau) est à souligner. Ouvertement opposé aux moyens entrepris par son collègue, il endosse son rôle d’antagoniste à merveille.

D’une durée de 125 minutes, le film produit par Chantal Lafleur et distribué par Les Films Opales n’est pas long pour autant. Au contraire, on met à profit ce « temps supplémentaire » par rapport au long-métrage moyen. Il permet de s’imprégner de l’époque. En 105 minutes, par exemple, le récit n’aurait pas profité de la même profondeur.

En quelque sorte une manière de rendre hommage aux professeurs qui marquent les jeunes, Le club Vinland est un doux rappel qu’il y a du beau même là où on a moins tendance à l’imaginer.

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