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L’envolée de Rhodnie Désir

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La Journée internationale des femmes approche à grands pas et Projection Culturel souhaite mettre de l’avant des personnalités féminines qui ont su rayonner dans le domaine culturel. Cette semaine, on vous parle de Rhodnie Désir, première femme noire a avoir obtenu le Grand Prix de la danse de Montréal en 2020. Voici un retour sur ses accomplissements.

Extrait de BOW’T TRAIL

Rhodnie Désir a présenté dernièrement son spectacle BOW’T TRAIL qui retrace l’héritage de ses ancêtres africains, déportés dans plusieurs pays de l’Amérique.

À travers son périple documenté de quatre ans en Haïti, au Brésil, au Mexique, aux États-Unis et au Canada, l’artiste discute avec plusieurs personnages inspirants qui lui racontent savoir et destinée. Elle traduit leurs paroles en recréant sa chorégraphie initiale, BOW’T (2013), d’où naissent toujours des nouvelles idées.

Depuis plus d’une décennie, Rhodnie Désir, d’origine haïtienne, est une chorégraphe montréalaise qui place ses valeurs au centre de ses œuvres. Elle compte près de seize créations chorégraphiques et plus de 2500 actions culturelles à son actif. Diplômée en communication et en marketing de l’Université de Montréal et de HEC Montréal, la danseuse a préféré se concentrer sur sa carrière artistique pour profiter de sa passion à temps plein.  

Son œuvre de 2013 a été reconnue à l’international, ce qui lui a permis d’élargir l’envergure de son projet. Ainsi, BOW’T a pu prendre forme en un webdocumentaire (BOW’T TRAIL) et d’une adaptation scénique (BOW’T TRAILRetrospek) au théâtre Espace Libre.

Extrait du spectacle BOW’T TRAIL Retrospek

Son œuvre documentaire prend forme en racontant le patrimoine des afrodescendants venus en Amérique. Elle s’inspire de leur récit pour livrer une danse poignante et rythmée sur ses origines. Dans une entrevue accordée au journal Le Devoir, Rhodnie explique que son intention n’était pas de dénoncer, mais plutôt de comprendre le lien entre l’immigration et la déportation.

« Ces déportés, ces exilés, ces réfugiés de la mer d’ici et d’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on a tendance à oublier que ce sont des corps, que ce sont des vies. C’est de leur désespoir et de leur courage, de leurs existences saccagées et reconstruites qu’est née la première mouture du spectacle. »

Rhodnie Désir, en entrevue avec Le Devoir

D’ailleurs, l’œuvre de Rhodnie Désir était, pour moi, un certain voyage spirituel. L’artiste n’était pas allée parcourir l’Amérique en tant que touriste, mais plutôt afin de comprendre d’où elle venait. Tout au long de son expédition, on pouvait ressentir qu’elle se sentait plus près de ses origines : « Chaque fois, je reviens à mon corps, j’efface les gestes qui s’y trouvent pour recueillir, dans le plus grand respect, ceux des êtres qui évoluent autour de moi. Je suis là pour regarder, écouter et absorber. », explique-t-elle dans le même article du Devoir.

En plus d’adapter sa danse au lieu où elle se situait, la Montréalaise allait même jusqu’à trouver un musicien local, afin d’imprégner toute la culture de l’endroit. C’était une manière audacieuse de rendre chaque performance différente de toutes les autres. Aussi, l’approche très humaine de l’artiste m’a énormément touchée. Malgré certaines réalités horribles qui lui ont été contées, elle ne laissait voir aucune amertume ; elle tentait simplement de nous ouvrir au monde. Or, si la pandémie nous empêche de voyager à l’international, le périple de Rhodnie Désir nous permet de nous envoler en direction de l’histoire qu’elle nous raconte.


Pour les intéressés, BOW’T TRAIL est disponible ici.

Charlotte Bastien

Étudiante en communication appliquée à l’Université de Sherbrooke, Charlotte est passionnée par le domaine depuis qu’elle est toute petite. Que ce soit au cinéma, à la télévision, au théâtre, en musique ou en littérature québécoise, elle a toujours une œuvre à proposer pour les intéressés.

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