Le théâtre à l’ère d’une pandémie

Face caché de la lune
© Télé-Québec / Facebook

Le théâtre à l’ère d’une pandémie

Robert Lepage est un grand de notre dramaturgie, ça, il n’y a pas de doute. Le 6 février dernier, Télé-Québec présentait sa pièce La face cachée de la lune. Les spectateurs étaient au rendez-vous, nombreux. La magie du théâtre, elle ?

Reportage de Radio-Canada sur les 20 ans de La face cachée de la lune

Pour un divertissement qui n’a pas l’habitude d’être partagé en direct à la télévision, on peut dire que la magie du théâtre était presque existante. Tel qu’on le verrait sur une scène réelle, décors, costumes, éclairage, musique, projections, jeu des acteurs, symboles se remarquaient à l’écran, comme si l’on était assis dans la salle. Si ces parties importantes du sixième art étaient présentes, que manquait-il de magique à cette œuvre ?

Personnellement, La face cachée de la lune ne m’a pas interpellée. Je ne considère pas être le public cible de la pièce, car je n’arrivais pas à m’identifier aux thématiques abordées dans l’histoire. Évidemment, se reconnaître dans un personnage n’est pas une nécessité absolue au théâtre, bien que cela implique d’être moins touché par la dramaturgie. Deuil de la mort d’une parenté, conquête de l’espace, soutenance de thèse doctorante sont tous des sujets émouvants pour certains. Il s’agit aussi de situations spécifiques qui ne sont pas nécessairement arrivées à tout le monde, d’autant plus que le spectateur peut se sentir éloigné des propos de cet art.

Éloignée, c’était exactement le sentiment que j’éprouvais à la fin de l’œuvre. Je n’avais pas l’impression que j’avais saisi toutes les subtilités de cette production artistique. Peut-être, encore une fois, qu’un homme dans la quarantaine aurait été plus ému, mais une jeune femme dans la vingtaine comme moi ne l’était pas.

Si certains n’ont pas été emportés par la pièce, au moins, la mise en scène théâtrale a réussi à garder le spectateur cloué devant son écran. Les décors rendaient l’expérience télévisée encore plus réelle. Le hublot a été employé de manière très ingénieuse en ayant plusieurs utilités. D’abord comme machine à laver, ensuite comme hublot de vaisseau spatial, en plus de représenter un appareil de tomodensitométrie, l’objet reflétait l’essence du théâtre par ses multiples utilités. Contrairement à la dramaturgie, au cinéma, un élément de décor ne peut avoir qu’un seul rôle, par souci de perdre toute la crédibilité du film. C’est donc une occasion d’offrir une expérience hors norme aux adeptes de téléviseurs.

D’ailleurs, l’idée de présenter La face cachée de la lune à la télévision est une initiative créative en ces temps où les activités culturelles ne sont pas essentielles. Pour certains, une sortie comme telle n’aurait jamais été envisagée, à cause de soucis d’argent, de déplacement ou simplement par manque d’intérêt. Or, offrir une œuvre dramatique au petit écran, c’est une manière d’ouvrir les horizons des arts vivants au monde entier. Les non-habitués de théâtre ont enfin l’occasion de vivre une telle expérience, une situation qui aurait pu ne jamais leur arriver. La télévision et la diffusion en ligne sont deux médiums facilement accessibles, alors utiliser ces plateformes pour partager des productions scéniques ne peut être que bénéfique pour le domaine artistique.


Pour les intéressés de théâtre à la télévision, ce soir, à 20 h 30, la pièce de théâtre Les Hardings sera rediffusée sur les ondes de Télé-Québec.

Charlotte Bastien

Étudiante en communication appliquée à l’Université de Sherbrooke, Charlotte est passionnée par le domaine depuis qu’elle est toute petite. Que ce soit au cinéma, à la télévision, au théâtre, en musique ou en littérature québécoise, elle a toujours une œuvre à proposer pour les intéressés.

Précédent

Découverte PC : une vague d’amour avec Francis Bédard

Sur notre radar pour le mois de février : l’histoire d’Aminata

Suivant