Pour l’amour de la culture | Partir pour raconter

Chronique Maggy
© Mackenzie Sanche / Projection Culturel

Pour l’amour de la culture | Partir pour raconter

La religion et la guerre. Des sujets explosifs qui sèment souvent la controverse. Ce n’est pas facile de les aborder. Mais certains journalistes le font, mais comment? Cette semaine, je vous propose la lecture du livre Partir pour raconter de la journaliste Michèle Ouimet.

Publié par Les Éditions du Boréal en 2019, Partir pour raconter, vous l’aurez compris, raconte les histoires de voyages en zone dangereuse de la reporter internationale Michèle Ouimet.

Michèle Ouimet a été journaliste à La Presse pendant 29 ans et reporter internationale pour le même journal pendant 25 ans. Pendant ces années, elle a couvert des guerres, comme celle de l’Afghanistan ou de la Syrie, des révolutions, comme celle de l’Arabie Saoudite ou de l’Égypte et des désastres naturels comme en Haïti par exemple. Elle a d’ailleurs remporté le prix Michener (l’équivalent canadien du Pulitzer aux États-Unis) pour son enquête sur les talibans en Afghanistan.

Dans ce livre, on ne fait pas que suivre une journaliste autour de la planète, on voit toute la logistique derrière chaque départ. Comment se rendre? Comment revenir? Comment se déplacer? Mais aussi comment on se sent lorsqu’on laisse son amoureux et son enfant en arrière ? Comment c’est d’être une femme dans un univers d’homme ? On en apprend sur chaque culture que l’on visite.

Parfois, la lecture peut être difficile. Par exemple, le deuxième chapitre du livre raconte son voyage au Rwanda pendant le génocide et les atrocités qu’elle a vus, mais toujours sans trop s’étendre. On développe une certaine sensibilité pour ces histoires que trop souvent l’on tente d’ignorer. Par peur de l’horreur. Sans trop donner d’opinion, on se retrouve dans ses aventures rocambolesques, mais vraies. Même si la plupart se trouvent en zone dangereuse, on comprend sa motivation. « Pourquoi partir, donc? Parce que je sens l’urgence, celle d’aller sur le terrain pour parler de la misère et de l’absurdité de la guerre, l’urgence de recueillir des témoignages, de mettre un visage sur les atrocités pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli, ce grand trou de l’histoire tellement commode pour soulager nos consciences », écrit-elle à la page 252.

On ne se rend pas au front, on reste dans l’arrière-plan. On en apprend sur le peuple, les militaires, les gentils et les méchants qui sont souvent des zones grises par des témoignages. Tout en restant dans la vision du monde de la journaliste.

Partir pour raconter, c’est 284 pages d’histoires, mais aussi de réflexions touchantes. Vous visiterez le Rwanda, l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan, la Syrie, le Mali et l’Égypte. Vous, seriez-vous prêt à faire de même au nom de l’information et du changement?


C’est un rendez-vous tous les samedis à 12h pour la chronique hebdomadaire signée Maggy McDonald, votre recommandation du weekend à ne pas manquer. Soyez-y pour l’amour de la culture!

Maggy McDonald

Passionnée par le cinéma, la littérature, la musique et les arts de la scène depuis un jeune âge, Maggy a terminé ses études collégiales en journalisme et est maintenant étudiante à l’Université Concordia. Elle souhaite partager son amour pour la culture québécoise.

Précédent

Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 2 diffusé sur les ondes de Noovo ce soir!

Découverte PC : Jonathan Roy à coeur ouvert

Suivant