Raton Lover: le confort des paradoxes

Raton Lover
© Le Petit Russe

Raton Lover: le confort des paradoxes

On a tous, à un moment ou à un autre de notre vie, changé de trottoir en quête d’une meilleure avenue, d’une ruelle secrète ou encore d’un boulevard étourdissant. Il n’en reste pas moins que l’autoroute du bonheur que plusieurs semblent emprunter est une voie vivement remise en question par le groupe Raton Lover. C’est en filant dans le coin de notre belle capitale nationale que l’on peut retrouver le band à la créativité foisonnante. Portrait de ce groupe talentueux.

Raton Lover est un groupe de musiciens multi-instrumentistes ayant sillonné l’industrie musicale québécoise depuis 2012. Composé de Martin Lachance (basse électrique, voix), Simon Guénard (guitare électrique, voix), Frédérick Desroches (Claviers, piano, batterie) et Simon Lachance (voix, batterie, guitare acoustique, percussion), leur musique aux airs de rock québécois tire son inspiration des années 60-70.

Leur plus récent album, Changer de trottoir, est sorti en septembre 2019. Les paroles rappellent ces journées de février, où le froid saisissant contraste avec le bleu tendre du ciel. Les textes ont ce genre de profondeur accessible qui écorche par sa finesse, comme on peut le constater dans la chanson Husky, où « la vie est un cauchemar invitant ». Les antithèses évoquées dans les chansons viennent poser un autre regard sur notre société hédoniste. Sans toutefois vouloir être moraliste, le groupe y trouve une façon de pouvoir exprimer comment il se sent.

« Au niveau des textes, surtout avec cet album, on s’est intéressés particulièrement à la frontière des choses qui s’opposent. Au final, c’est jamais tout noir ou tout blanc, mais ce sont des zones qui sont l’fun à explorer »

Simon Lachance en entrevue avec Projection Culturel

En outre, le fait d’être à Québec n’a rien d’anodin pour le groupe. Ce lieu pousse les artistes à sortir de leur zone de confort, puisque le public de niche n’est pas aussi développé qu’à Montréal. 

« Québec étant une petite ville, si tu veux gagner ta vie comme musicien, très jeune tu te fais dire: “écoute, tu vas devoir faire de toute, y’a pas de crowd de chaque style”. Les musiciens, on a cette particularité-là d’être débrouillards. »

Simon Lachance en entrevue avec Projection Culturel

Se réinventer n’a donc rien de nouveau pour le groupe. En effet, c’est en organisant des jams lors du Festival d’été de Québec qu’ils ont pu jouer avec une panoplie d’artistes de tout genre, donnant ainsi une tout autre vocation à leur groupe. Ce dernier a trouvé sa force lors de collaborations, improvisées ou non. Comparable à la chaleur d’une famille unie, l’aura du groupe est ce qui, selon eux, les distingue dans le milieu. La compétition est effectivement forte dans l’industrie. Malgré la grande pression sociale venant avec le métier, Simon Lachance reste placide:

« Peu importe les circonstances, la comparaison, c’est le pire ennemi. Mais en vieillissant, tu te rends compte que ça sert à rien, et qu’il faut la transformer en émerveillement. »

Simon Lachance en entrevue avec Projection Culturel

Ces sages paroles sont une bouffée d’air frais en ces temps hors de l’ordinaire. Bien que les rassemblements soient toujours interdits, il est toujours permis d’écouter la discographie de Raton Lover, disponible sur Spotify et Apple music, même en zone rouge. Parce que la musique rassemble au-delà des frontières physiques, on leur souhaite de continuer à rayonner dans cet esprit de communauté qui leur est propre, et ce, pour les années à venir.

Marie Lapointe

Étudiante en Télévision à l’École des médias de l’UQAM, Marie affectionne les documentaires de l’ONF et la quotidienne de Ricardo. Ayant une curiosité débordante pour la culture québécoise, c’est une chance unique pour elle de pouvoir mettre en lumière les talents d’ici et d’ailleurs.

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