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Gabriel Filippi: plus qu’un alpiniste

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Vous êtes-vous déjà imaginé au milieu du sommet le plus haut du monde, à -45 °C, à 3 heures du matin, en train de vous préparer pour votre dernière journée de montée? L’alpiniste québécois Gabriel Filippi, lui, s’est rendu au sommet du mont Everest trois fois.

Gabriel Filippi est un alpiniste, conférencier et guide d’expédition, mais il est aussi le premier québécois à gravir les deux versants de l’Everest. Il l’a grimpé une troisième fois en mai 2019. Il a aussi publié, en 2016, sa biographie intitulée Instinct de survie : Tromper le destin sur les plus hauts sommets du monde, écrit avec l’aide de l’auteur-journaliste Brett Popplewell. Dans ses mots, il est « un gars qui ne veut pas juste rêver, mais qui veut foncer et réaliser ses rêves ».

Redonner aux autres

Lors de l’une de ses expéditions sur le mont Everest, Gabriel a rencontré Edmund Hillary, le premier homme à avoir grimpé le point le plus haut de la Terre. Selon lui, Hillary est celui qui lui a fait réaliser qu’il voulait aider les autres :

« J’ai compris que pour lui le sommet de l’Everest ce n’était pas une fin en soi, c’était le début d’une nouvelle aventure. Celle d’aider le peuple Sherpa. »

Pour lui, la montagne existe pour être vécue avec d’autres : « Je continue pour la montagne, mais surtout pour l’amour des gens. »

Par exemple, au début de la pandémie, il a décidé d’amasser des fonds pour les Sherpas puisque le tourisme est leur première source de revenu et la pandémie a ralenti celui-ci.

C’est pour la même raison qu’il est devenu conférencier, pour aider les gens et les entreprises. Pour les inspirer et les motiver à être la meilleure version d’eux-mêmes.

Plus qu’une montagne

Bien sûr, son style de vie va plus loin que juste grimper et aider les autres. Il y a toute une philosophie qui l’accompagne:

« Les dates et les altitudes ne sont pas importantes pour moi, c’est le moment présent qui est important. »

© Gabriel Filippi / Gabriel Filippi

Selon lui, on doit de se rappeler pourquoi on se lève le matin pour aller travailler, si l’on ne se rappelle pas la raison pour laquelle on a commencé, il est peut-être le temps de changer de chemin. « Quand je fais quelque chose, je le fais avec passion », affirme-t-il. Cette passion montre sa grande persévérance :

« L’abandon, pour moi, ça vient dans ma tête une fraction de seconde. C’est un moment où je me sens dépassé, mais je me rappelle tout de suite la raison pour laquelle je suis là. »

Selon lui, lorsqu’une personne cesse d’explorer, c’est le moment où la personne commence à s’éteindre.

Cette persévérance est aussi amplifiée par l’espoir. Gabriel raconte que, la première fois qu’il essaye de grimper l’Everest, il a été atteint du mal aigu des montagnes. Cette réaction liée à l’altitude est très dangereuse et peut même causer la mort. Il a dû se reposer et être surveillé par les médecins pendant 6 jours. Par la suite, un médecin lui a expliqué qu’il avait une petite chance qu’il puisse recommencer sa montée s’il apportait avec lui une seringue : « Je ne pouvais pas ne pas croire en mes chances quand quelqu’un de carrément étranger y croyait.»

« Je pense que l’accomplissement de n’importe quel but que tu te fixes va avoir la même sensation », explique-t-il en parlant du sentiment qu’il a ressenti sur le toit du monde. Chaque personne a son Everest : il explique d’ailleurs que sa femme a toujours été plus impressionnée qu’il termine un Ironman que lorsqu’il atteint le sommet de l’Everest puisqu’elle sait à quel point il avait peur de l’eau.

Respect pour la nature

Son mentor lui a appris à faire une cérémonie avant chaque expédition pour respecter la nature, les animaux et les autres êtres vivants sur terre. Il explique qu’on est des invités sur la montagne et que c’est elle qui décide si l’on peut atteindre son sommet. Alors il lui demande:

« Donne-moi deux minutes pour aller danser au sommet avec toi. »

Il continue en disant que la montagne sera toujours là et qu’on peut toujours y retourner. L’important ce n’est pas le sommet, mais le chemin qu’on prend pour s’y rendre : « Quelqu’un qui vise seulement le sommet c’est juste de l’égo. Moi je dis à mes clients de laisser leur égo à la maison parce qu’il peut les tuer. » Pour lui, être en altitude c’est un privilège : « Je crois que même ici, au sommet d’une montagne, il y a quelque chose de magique. »

Bref, Gabriel Filippi est une tornade pleine d’énergie qui gravit tous ses Everest. Il a toujours plein de projets en place et il n’est pas près de s’arrêter.

« Aussi longtemps que mon corps me le permettra, je n’arrêterai jamais d’explorer. »

Maggy McDonald

Passionnée par le cinéma, la littérature, la musique et les arts de la scène depuis un jeune âge, Maggy a terminé ses études collégiales en journalisme et est maintenant étudiante à l’Université Concordia. Elle souhaite partager son amour pour la culture québécoise.

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