Conscientiser avec délicatesse

Contes d'une grossophobie ordinaire
© Contes d'une grossophobie ordinaire / Office national du film

Conscientiser avec délicatesse

L’ONF a rendu disponible sur son site le documentaire Contes d’une grossophobie ordinaire de la réalisatrice Josiane Blanc ce lundi, mettant gratuitement à notre disposition ce chef d’œuvre de conscientisation sur la grossophobie.

Comme le mentionne Elizabeth Dettner dans le documentaire, la lutte contre le racisme a pris son envol au cours des derniers mois, mais d’autres causes passent sous silence pendant ce temps, comme la lutte contre la grossophobie. La psychologue du Hospital for Sick Children de Toronto est l’une des intervenantes clé du court-métrage.

Outre la présence de Dettner, les autres témoignages sont tous issus de gens ayant subi les effets destructifs de la grossophobie. Maja, parmi eux, est adulte et discute ouvertement de sa jeunesse, de son combat contre son poids et des difficultés psychologiques dérivées du regard négatif des autres.

Le mélange de l’intervention professionnelle de Dettner, des propos de Maja et des trois jeunes (Sophie, Charlotte et Camille) témoigne de l’expertise à la réalisation et au montage. Contes d’une grossophobie ordinaire use de l’art visuel pour représenter plus abstraitement le vécu des trois jeunes filles, ce qui leur évite davantage d’exposition au jugement des autres. Les dessins sont un magnifique amalgame d’aquarelle et de crayon, tout en noir et blanc. Ces images illustrent comment tout n’est pas blanc ou noir et qu’il y a des zones grises que les gens de l’extérieur ne peuvent pas connaître.

« Faut comprendre que quand on rabaisse quelqu’un, la personne ne s’en remet pas toujours. Faut pas que les gens oublient ça. Tu critiques une personne parce qu’elle est plus ronde. Tu ne sais pas pourquoi elle est comme ça. Peut-être qu’elle ne mange pas beaucoup parce qu’elle a peur, mais qu’elle engraisse quand même. Donc la prochaine fois que tu juges quelqu’un comme ça, fais bien attention, parce que t’es une personne humaine toi aussi. Un jour, ta beauté va s’effacer, et tout ce qu’il va rester, c’est ta bonté. »

Charlotte, 16 ans

Par sa beauté et sa délicatesse, ce documentaire explique calmement le point de vue de ceux et celles qui sont victimes de grossophobie (qui n’est d’ailleurs jamais justifiée). Les paroles des jeunes de 16, 17 et 18 ans sont douces, elle ne reprochent pas, mais elles sont plutôt là pour conscientiser et simplement vous dire quelque chose dans les lignes de : « Hey, quand tu y penses, tu n’as pas de raison d’exclure les gens pour leur corps. » Le documentaire est d’ailleurs accompagné d’un feuillet informatif qui en vaut vraiment la lecture.

Ce combat pour le respect de la diversité corporelle se voit de plus en plus, mais il y a encore un long chemin à faire. Le premier pas dans la bonne direction est celui-ci : informe-toi et écoute les autres. Contes d’une grossophobie ordinaire est un bon début.

Mackenzie Sanche

Une amoureuse des arts, de l'écriture, de la photographie et de la vidéo, sans oublier des animaux et de la nature, Mackenzie vient tout juste de terminer ses études collégiales en journalisme et continue son parcours à l'Université Concordia. Elle cherche tout simplement à vivre de ses passions et à relever de nouveaux défis.

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