Maxime Gibeault : un défi colossal accompli

Maxime Gibeault
© Christian Laurence / La Dérape

Maxime Gibeault : un défi colossal accompli

Pour les adeptes des Boys, vous l’aurez peut-être vu dans la distribution du film Il était une fois les Boys, sorti en 2013, alors qu’il interprétait le rôle du regretté Ben. Ce fut le début d’un beau parcours pour Maxime Gibeault qui a récemment eu la chance de jouer l’un des personnages ayant eu le plus d’importance dans la série La Dérape, qui s’est terminée après trois saisons le 4 juin dernier.

Le rôle de Matt Saint-Pierre, joué par Maxime Gibeault, a évolué à travers le temps, passant d’un jeune adolescent vivant énormément de frustration et noyé par les problèmes qui allèrent jusqu’à pousser son père, Rick (Guy Jodoin) en bas des marches dans la première saison, à devenir un jeune adulte méconnaissable et mature qui est parvenu à retrouver ses repères dans la troisième saison.

C’est l’une des raisons qui explique sa satisfaction envers cette troisième et ultime saison. 

« Je pense qu’ils [les réalisateurs] ont vraiment bien bouclé la boucle. Par-là, je parle surtout de la boucle du parcours des personnages et de la progression, qu’elle soit émotive ou caractérielle de chacun des personnages, ils ont tous atteint leur idéal. […] Je trouve que tous les personnages ont une belle ligne directrice et ils ont atteint un beau stade de maturité pour l’après que nous ne verrons pas. Ils pourront continuer sur leur voie en vue de leur futur respectif. »

Maxime Gibeault à propos de la dernière saison de La Dérape

Pour le principal intéressé, le rôle de Matt Saint-Pierre a été le plus grand défi qu’il a dû affronter depuis le début de son parcours artistique. Maxime Gibeault est réellement passé par toutes les gammes d’émotions au cours des trois dernières années de tournage. En jouant Matt, qui agissait selon ses dires comme un véritable « trou de cul » avant l’ultime saison, il n’aura pas chômé.

© Christian Laurence / La Dérape

« Quand tu es le méchant, il y a quelque chose de très caricatural, tu vas à l’encontre de toi-même, alors c’est un plus gros défi, mais tous les acteurs aiment relever ce type de défi », explique celui-ci.

Il vient un temps que de jouer le malfaisant devient très demandant physiquement, mais surtout émotivement et psychologiquement. Ce dernier est même allé jusqu’à demander aux réalisateurs quand son personnage allait voir des jours plus clairs.


« Ce serait malhonnête de ma part de prendre le crédit pour l’évolution positive de Matt parce que Christian Laurence [le réalisateur] a toujours voulu humaniser davantage mon personnage. Par contre, je lui ai fait part après la première saison que des scènes comme celles que Matt vivaient étaient vraiment difficiles. Jouer des scènes ou tu pleures et que tu cris constamment, c’est très ardu », avoue-t-il.

Muni d’une combinaison, d’un casque et des gants, son personnage Matt Saint-Pierre a couru aux côtés de Julia Samson (Camille Felton) et de son frère jumeau Alex (Samuel Gauthier) au cours des trois saisons.

© Christian Laurence / La Dérape

Comme la vie fait bien les choses parfois, Samuel Gauthier et lui se sont retrouvés pour une troisième fois sur un tournage. Après avoir joué respectivement Bob et Ben dans Il était une fois les Boys, ils ont tous les deux fait partie de la distribution de la populaire série Demain des hommes qui n’aura été à la grille horaire pendant une seule saison sur Radio-Canada, mais leur réunion dans la série n’était pourtant pas un hasard de la vie.

« Quand Sam et moi avons été appelés pour jouer des frères jumeaux, nous étions en colocation, on habitait ensemble depuis un an et demi et on se côtoyait depuis 2 ou 3 ans, alors on était déjà vraiment comme des frères, sans même parler nous avions la complicité pour avoir l’air de deux frères. J’ai vraiment été chanceux de faire cela avec Sam », affirme le comédien.

© Christian Laurence / La Dérape

« C’est une personne incroyable ! Lui et moi apprenons de l’autre quotidiennement. Le plus beau dans tout cela c’est qu’on s’est apporté ce que l’autre n’avait pas. On se complète bien personnellement et dans ces moments, tu écoutes mieux et cela facilite le jeu. »

Maxime Gibeault sur sa relation amicale avec Samuel Gauthier

Selon Maxime, le succès d’une série revient énormément à la réalisation et à la production, tout comme le jeu d’acteur, mais il est primordial que l’engagement des acteurs soit sincère. Guy Jodoin en est un exemple.

© Christian Laurence / La Dérape

« Guy Jodoin est l’un des meilleurs par sa méthode de travail, son implication, autant sur le plan professionnel que dans les relations interpersonnelles que tu peux avoir avec lui. Ce n’est pas un gars qui fait ses scènes et qui s’en va, il est sorti souvent avec nous, parfois même jusqu’aux petites heures du matin », lance Maxime.

L’utilisation du mot « engagement » n’a pas été choisi au hasard, conformément à ses dires. Ceci se reflète aussi dans la manière dont le comédien peut amener son grain de sel sans toutefois dénaturer le travail et la vision du réalisateur.

« On pratiquait beaucoup le soir, Sam et moi, donc lorsque tu arrives le matin d’un enregistrement, tu as des propositions à faire aux réalisateurs et c’est le mieux que tu puisses faire en tant qu’acteur, de ne pas seulement te plier à un cadre précis en ayant de l’ouverture et en jouant un peu avec le texte. »

Maxime Gibeault sur l’engagement de tous les acteurs

La Dérape se démarque des autres séries québécoises en raison du lieu de tournage qui n’est pas la grande métropole, mais plutôt les magnifiques paysages de la Ville de Québec.

« Quand tu tournes à l’extérieur de Montréal, c’est comme un groupe de musique en tournée parce que tout le monde couche à l’hôtel, on va manger en groupe. Cela nous permettait de passer beaucoup de temps ensemble. Nous faisions des pique-niques en jouant au football et au criquet », affirme-t-il.

Il serait très content de voir arriver plus de séries en région, cependant …

« Une série hors de Montréal crée une énergie différente dans le groupe, je pense que ce serait bien qu’il en aille plus, pour l’avoir vécu, c’est vraiment une belle expérience. Cependant, c’est plus cher, ils ne vont que rarement vers cette direction, car il faut que tu loges et que tu paies pour le déplacement de l’équipe. C’est sûr que c’est un plus gros processus, mais si c’est possible d’avoir un environnement différent que Montréal, je pense que ça vaut la peine », termine-t-il.

Marc-André Fortin

Véritable passionné de la culture québécoise, Marc-André voit dans ce projet, une chance de pouvoir transmettre un peu de sa passion à toute personne qui s’y voit intéressée. Que cela passe par les séries télévisées, les chansons québécoises ou les humoristes, il aimerait que les jeunes se reconnaissent et s’accrochent à ce qui est fait ici.

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