Une session à l’école nationale de l’humour en temps de pandémie

Finissants 2020 école de l'humour
© École nationale de l'humour / Facebook

Une session à l’école nationale de l’humour en temps de pandémie

Les étudiants de l’école nationale de l’humour (ÉNH) ont un cursus académique très étoffé.  

Suite à l’annonce du gouvernement qui fermait toutes les institutions scolaires à compter du 13 mars, les enseignants ont su réagir rapidement pour continuer d’offrir les formations professionnelles, soit création et écriture humoristique. Deux semaines plus tard, ils retrouvaient leurs étudiants en vidéo-conférence avec une nouvelle méthode d’enseignement.

Certaines matières comme humour et société et  histoire de l’humour sont déjà vues de façon magistrale. Celles-ci se sont avérées n’être qu’un casse-tête 50 pièces alors que les cours pratiques représentaient un paysage de ciel bleu et de mer de 5 000 morceaux. En effet, il est plus difficile d’enseigner l’improvisation et le jeu physique en conférence Zoom.  

Improvisation à distance

Des joueurs, un public, une patinoire, un jersey et des joggings noirs, voilà tout ce que ça prend pour faire de l’improvisation.  Les enseignants ont réussi à repenser les bases de cet art. Les cours se sont donnés en sous-groupe, par Zoom.

Les enseignants ont pris avantage du contexte pour établir des situations crédibles virtuellement, par exemple un journaliste à l’international qui discute avec un lecteur de nouvelles, une jeune adulte à l’étranger qui appelle ses parents ou un couple qui se laisse en Facetime à cause de la distance.

Pour permettre aux étudiants de rester concentrés le plus possible sur les actions et les dialogues spontanés en cours, seuls les caméras et micros des joueurs en action étaient allumés. Si un enfant échappait un verre en vitre dans la maison, les parents/étudiants pouvaient ramasser le dégât et gronder le maladroit ni vu ni connu pendant que les collègues continuaient d’assister à l’échange improvisé.

Soutien des enseignants

Tout au long de ce processus d’adaptation, les enseignants de l’ÉNH ont gardé contact avec leurs étudiants. Ils communiquaient beaucoup avec eux. Monsieur Trottier directeur pédagogique de l’ÉNH a d’ailleurs dit : «les profs ont été extraordinaires dans leur adaptation». Il explique qu’ils ont travaillé très fort pour permettre aux étudiants de réussir leurs cours et d’assimiler la matière. Les humoristes à en devenir ont eu droit à du soutien individuel et personnalisé. Certains d’entre eux ont dû aller travailler pour prêter main forte lors de la crise. D’autres ont des enfants à leur charge qui ne pouvaient plus se rendre à l’école et qui restaient à la maison avec eux. Les enseignants ont pris conscience des réalités de chacun. Ils ont d’ailleurs enregistré des cours magistraux pour que ceux qui ne puissent pas se présenter en temps réel puissent les écouter à un autre moment.

Désormais, les écoles professionnelles peuvent recevoir des étudiants en présentiel pour des cours pratiques. Le premier juin dernier, des étudiants de l’ÉNH sont retournés à l’école en personne. Les méthodes de distanciation sociale et les nouvelles normes d’hygiène sont évidemment respectées. Les apprentis comiques se lavent les mains à l’entrée, se tiennent à deux mètres les uns des autres et portent une visière tout au long de leur passage dans le bâtiment.

Photo du cours d’improvisation de la formation professionnelle de création de l’École nationale de l’humour tirée de la page Facebook de l’ÉNH

Apprendre de la France

Un étudiant d’origine française s’est vu obligé de retourner dans son pays natal lorsque la crise sanitaire a éclaté. Depuis le retour des séances en classe, les étudiants québécois sont physiquement présents. Ce jeune homme français qui est encore en Europe dans le moment continue d’assister aux cours de façon virtuelle. Il peut voir le jeu physique de ses collègues  et entendre les commentaires des enseignants en temps réel.

États de santé fragilisés

D’autres étudiants vivent avec une condition de santé qui les rend plus vulnérables face à la Covid-19. Par précaution, ils ne présentent pas physiquement à l’école. Les enseignants continuent de faire un suivi serré avec eux qui, bien souvent, assistent aux cours en direct grâce à l’utilisation des nouvelles technologies.

Retour sur la session

Bien qu’au départ, il a pu sembler difficile de poursuivre la session à distance, monsieur Trottier raconte que tout le monde, autant les étudiants que les professeurs ont mis du sien pour faire de la conclusion de la session quelque chose d’enrichissant et de plaisant. Les mesures d’accommodements ont portées fruit. Aucun étudiant n’a abandonné la session. Les échos des humoristes et auteurs en apprentissages par rapport à la session en temps de pandémie étaient très positifs selon M. Trottier.

Bien que la formation professionnelle ait pu continuer, les cours du soir offerts à tous n’ont pas connu un dénouement aussi positif. En effet, les cours récréatifs se sont vu arrêter complètement. Les participants ont été remboursés pour les séances qui n’ont pas eu lieu.

Une collaboration de Juliane Sickini

Projection Culturel

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