Un souffle de vérité autochtone

Marie-Andrée Gill
© Sophie Gagnon-Bergeron / Radio-Canada

Un souffle de vérité autochtone

Après des siècles depuis la colonisation de l’Amérique, la voix des peuples autochtones se hisse tranquillement dans la culture québécoise en rayonnant par la littérature, la musique, le cinéma, et les baladodiffusions, comme Laissez-nous raconter l’histoire crochie qui sera lancée dès le 21 juin.

Laissez-nous raconter l’histoire crochie est une série balado animée par la poète innue Marie-Andrée Gill qui vise à redonner aux mots associés à l’histoire autochtone leur sens original. Les termes « découverte », « sauvage », « Pocahontas », « Dieu », « obéir », « réserve », « école », « nom de famille », « Indian Time », « bannique » et « réconciliation » seront revisités, un mot par épisode sur 11 épisodes au total, afin d’en retrouver le sens non-colonisé en allant à la rencontre de 70 autochtones de communautés variées

Grâce à la parole des 11 premiers peuples du Québec et du Labrador, l’histoire « crochie » des Autochtones sera défroissée et démystifiée afin de corriger certains aspects de ce qu’enseignent les professeurs d’histoire au secondaire. Cette idée de feu Réginald Vollant, cofondateur de Terre Innue, tend directement le micro aux Autochtones en évitant des paroles rapportées par quiconque n’ayant pas vécu d’eux-même cette histoire.

« Ce que tu réalises, c’est que tu ne connais pas bien les communautés », explique Marie-Andrée Gill, selon un article de Radio-Canada. « Il y a beaucoup de trous dans l’histoire, et j’ai pu l’apprendre par la voix des aînés. »

En l’honneur de la Journée nationale des peuples autochtones, Laissez-nous raconter l’histoire crochie sera disponible dès le 21 juin sur OHdio.

En littérature et en musique

Le 21 mai dernier a été annoncée la gagnante du Prix littéraire des collégiens 2020, dont les cinq œuvres en lice étaient L’évasion d’Arthur ou la Commune d’Hochelaga de Simon Leduc, Suzanne Travolta d’Élisabeth Benoît, Shuni de Naomi Fontaine, Ouvrir son cœur d’Alexie Morin et Les Offrandes de Louis Carmain. Après avoir cumulé les votes d’environ 800 cégépiens qui formaient le jury du prix, c’est Naomi Fontaine, une autrice innue, qui a remporté le prix.

Écrite sous forme de courtes lettres à son amie Julie (prononcé « Shuni » chez les Innus), l’œuvre de Fontaine est une douce lettre d’amour à son peuple et à son histoire. Une excellente œuvre pour découvrir le peuple innu.

Les autres œuvres de Naomi Fontaine sont Kuessipan (2011), adapté au cinéma, et Manikanetish (2017), en développement d’une série télévisée. La voix littéraire autochtone prend de plus en plus d’espace sur les rayons des librairies grâce à des auteurs et autrices comme elle, Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine ou Marie-Andrée Gill.

Le monde de la musique au Québec inclut aussi des noms autochtones connus comme Elisapie Isaac, qui sera d’ailleurs au Festival de jazz de Montréal en ligne, Samian et plusieurs autres. La culture québécoise sert de pont avec les Autochtones afin d’arriver à « décoloniser les esprits et le passé », comme le souhaite Marie-Andrée Gill.

Jetez un coup d’œil à ces œuvres ainsi qu’à Laissez-nous raconter l’histoire crochie et prenez une bonne inspiration de ce souffle de vérité qu’offre les artistes autochtones à la culture du Québec.

Mackenzie Sanche

Une amoureuse des arts, de l'écriture, de la photographie et de la vidéo, sans oublier des animaux et de la nature, Mackenzie vient tout juste de terminer ses études collégiales en journalisme et continue son parcours à l'Université Concordia. Elle cherche tout simplement à vivre de ses passions et à relever de nouveaux défis.

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