Faire les auditions de l’École nationale de l’humour pendant le confinement

École nationale de l'humour
© Tora Photography

Faire les auditions de l’École nationale de l’humour pendant le confinement

Avec l’arrivée du virus Covid-19 et des restrictions sanitaires imposées par le gouvernement, les membres du personnel de l’École nationale de l’humour (ÉNH) tenaient à respecter les nouveaux règlements en vigueur. Ils ont pris un virage virtuel et ont tenu leurs auditions en ligne.

Déroulement régulier

Habituellement, toute personne intéressée à apprendre l’abc de l’humour et à en faire un métier peut s’inscrire via le site internet de l’école. Elle peut étudier dans le programme d’écriture humoristique pour devenir auteure ou dans celui de création humoristique pour devenir humoriste.

Tous les candidats se rendent à l’école pour participer au processus de sélection.

Auteurs

Les gens qui tentent le coup pour l’écriture doivent envoyer un monologue et un texte de sketchs au préalable. Un groupe d’évaluateurs regardent et analysent les créations avant l’entrevue avec les futurs auteurs. Après la rencontre individuelle entre un employé de l’ÉNH et les candidats, un tri est fait. Puis, seulement certains ont la chance de se rendre à la deuxième étape du processus d’audition qui est une journée d’activités appelé un stage. Les participants vivront des exercices sur les différents styles d’écritures et la créativité comme des tempêtes d’idées. La cohorte d’auteurs accueille entre 6 et 10 nouveaux candidats annuellement.

Humoristes

Les humoristes présentent un numéro de leur cru devant trois juges. Les membres du jury leur font ensuite passer une entrevue. Une sélection est faite après qu’ils aient rencontré tout le monde. Environ 24 personnes passent à l’étape suivante. Parmi eux, entre 12 et 15 auront une place à l’école l’année prochaine. Pour déterminer qui fera partie de la prochaine cohorte d’humoristes, des journées de stage sont organisées. Les prospects humoristes  sont séparés en deux groupes pour faciliter le travail d’analyse et de prise de décision. Le tout se déroule dans les locaux des cours  de l’ÉNH. De nouveaux juges viennent assister à cette journée d’activités. Les candidats font des exercices d’écriture, de jeu, d’improvisation et de créativité. À la fin, chaque participant présente son numéro devant ses collègues d’audition et les juges.

Auditions à l’époque de la Covid-19

En 2020, comme à l’habitude, les candidats se sont inscrits aux auditions sur le site web de l’école. Tout le monde a été vu en audition, mais cette fois-ci derrière un écran.

Programme de création humoristique

Les aspirants humoristes ont envoyé une vidéo d’eux qui interprètent un monologue de leur cru. Certains avaient du matériel tourné dans une salle comble où le public réagissait aux blagues, d’autres ont dû s’enregistrer seul dans leur salon. Les candidats étaient encouragés à choisir quelque chose qui les mettaient en valeur, ce n’était pas toujours aussi facile pour tous. La durée maximale de cette vidéo était de cinq minutes. Pour évaluer les candidatures de la façon la plus équitable possible, les membres du jury ont autorisés, exceptionnellement cette année, l’envoie d’une deuxième vidéo. Il pouvait s’agir d’un sketch, d’un montage humoristique… Les candidats avaient beaucoup de liberté. Tout le monde a ensuite été reçu en entrevue virtuelle.

Une fois que tous les candidats aient envoyé leurs vidéos et passé leur entrevue, une présélection a été faite. Des 150 appliquant cette année, seulement 24 se sont rendu à l’étape suivante.

Stage

La journée de stage a été très différente cette année.

Les groupes comportent habituellement 12 personnes. Comme tout se passait en vidéo-conférence, ils ont été réduits à  6. Le directeur pédagogique de l’ÉNH a d’ailleurs mentionné préférer les petits groupes et considérer conserver ce système pour les années à venir. Il trouvait que de fonctionner ainsi réduisait le stress des participants et aidait à les garder attentifs et dans l’action lors des ateliers.

«Cette année, on a observé un climat de coopération entre les participants.»

-Yves Trottier, directeur pédagogique de l’ÉNH

Lorsque les candidats faisaient de l’improvisation, seulement la caméra et le micro des joueurs en action étaient allumés. Les thématiques et contraintes imposées étaient toujours adaptées à la réalité virtuelle. C’était une façon de garder une situation réaliste, selon Yves Trotttier.

Les juges ont pris quatre jours pour faire la sélection finale.

Programme d’écriture humoristique

Du côté des auteurs, l’adaptation a semblé être un moins grand défi. Les candidats ont envoyé un monologue et un sketch qu’ils ont créés. Ils ont ensuite été vus en entrevue individuelle sur la plateforme Zoom. Puis, une présélection a également été faite. Ils ont revu la moitié des appliquant pour la journée de stage. Lors de celle-ci, les auteurs se voyaient imposer un thème, un style d’écriture et une durée. Après les consignes, ils pouvaient commencer à s’y mettre. Une fois que le temps alloué était terminé, les auteurs revenaient en groupe pour lire leur création. Les textes ont aussi été envoyés aux juges qui étaient présents lors de cette journée. Ils ont pu prendre un peu de recul pour sélectionner les meilleurs candidats.

Retour sur les auditions 2020

Yves Trottier ne pense pas que la façon dont l’école a fonctionné cette année a pu nuire à quelqu’un. Il a expliqué que les juges étaient conscients lorsque les gens se filmaient seuls et qu’il n’y avait pas de réaction. En temps normal, les auditions se produisent devant trois juges qui ne rient pas beaucoup. Pour lui, c’est ce qui se rapprochait le plus de la réalité habituelle. Ils étaient également à l’affût des gens qui se sont filmé devant des amis qui réagissaient peut-être un peu trop.

«Je pense que le processus est équivalent et juste pour tout le monde.»

-Yves Trottier, directeur pédagogique de l’ÉNH

Dans les deux dernières années il y a eu un nombre record d’inscriptions. Plus de 180 personnes ont fait une demande pour le programme de création humoristique. C’est pour cette raison que les cohortes se sont rendus jusqu’à 15 étudiants. En 2020, 150 personnes ont appliqué pour faire partie de l’ÉNH, ce qui est dans la norme. La prochaine cohorte d’humoristes sera composée de treize humoristes dont 3 femmes et deux Français. Pour ce qui est des auteurs, ils ont reçu un total de 50 inscriptions. La cohorte sera au nombre de 9 et comportera 2 femmes. Là encore, il s’agit de la norme.

Yves Trottier a terminé en expliquant que le fait d’être un homme ou une femme n’avantage personne à entrer au sein de l’ÉNH. Les candidats sont choisis selon leur talent. Il a tout de même ajouté que le nombre de femmes inscrites est grandement moindre et trouve la situation désolante.

«On aimerait qu’il y est plus de filles qui appliquent! On veut en sélectionner plus.»

-Yves Trottier, directeur pédagogique de l’ÉNH

Une collaboration de Juliane Sickini

Projection Culturel

Projection Culturel est une entreprise médiatique qui a pour objectif de mettre de l’avant les différents artistes de chez nous. Ce site web culturel vous permettra d’en apprendre davantage sur le monde du showbizz et sur vos artistes préférés!

Précédent

Les prix Juno seront finalement dévoilés le 29 juin prochain

L’édition 2020 du Salon du livre de Montréal en ligne

Suivant