Se prendre en main et la culture du rap avec Gaël Comtois

Gaël Comtois
© Rose Napoleon

Se prendre en main et la culture du rap avec Gaël Comtois

Plutôt que de rester chez lui, à attendre longuement que la quarantaine prenne fin pour faire quoi que ce soit, l’animateur web Gaël Comtois a décidé d’imposer des changements drastiques à son rythme de vie, profitant du confinement pour se reprendre en main au meilleur de ses capacités.

Cette semaine, j’ai eu la chance de m’entretenir avec un homme fonceur, rêveur, touche-à-tout. Un animateur, humoriste et créateur de contenu qui mérite d’être mieux connu.

C’est dimanche le 15 mars, alors que la COVID-19 commençait peu à peu à mettre le Québec sur pause, qu’il a pris la décision « d’appuyer sur le bouton reset », pour reprendre ses dires.

Accompagné de deux de ses bons amis, le vidéaste Miroslav Dufresne et l’entraîneur privé Michael Couture, Gaël s’est lancé dans la production d’une mini-série web qu’il qualifie de « journal de quarantaine ». Dans cette série, Michael le guide à travers ses entraînements quotidiens, lui propose des activités et lui montre à mieux manger tandis que Miroslav, de son surnom Mirko, documente le tout.

Si à la base, l’idée était de produire une vingtaine d’épisodes, l’objectif risque d’être repoussé : à ce jour, la série qui publiée sur Facebook et IGTV compte déjà 15 segments.

ÉPISODE 15. PAS TOUJOURS FACILE.

Épisode 15. Pas toujours facile??‍♂️Me plaindre, je suis loin de là!? PAR CONTRE, vivre avec son bro/coach qui voit tous les détails, se peut créer des tensions:?Toujours peser et surveiller ce que je mange, apprendre à structurer mon temps, me faire dires mes 4 vérités, me faire confronter.Ça devient irritant.? Mais en bout ligne, sa créer des moments magiques, des souvenirs inoubliables. Bref, c'est ça l'amitié.⚡️ "Activer des changements directs pour ensuite les appliquer dans le futur et surtout les maintenir." ?? _?: Miroslav Dufresne / Mirkoloko?‍☠️: Michael Couture

Posted by Gaël Comtois on Wednesday, April 8, 2020

L’élément clé dans le processus de Gaël, ça a été le début de la pandémie. Bien qu’il aurait souhaité pouvoir avoir réalisé par lui-même que certains éléments de sa vie méritaient d’être revus et corrigés, il affirme que ça lui prenait bel et bien une pandémie pour se responsabiliser.

En plus d’avoir perdu quelques contrats en raison de la propagation du coronavirus, dont des tâches en animation et mêmes certains tournages de films, l’artiste aujourd’hui âgé de 32 ans a été forcé de constater qu’il négligeait sa santé depuis quelques années.

« Je mangeais ce que je voulais, j’allais dans des soirées où l’alcool était fourni, dans des afters même les jours de semaine. […] C’était très buffet à volonté, très free for all. »

– Gaël Comtois

Non seulement ce mode de vie avait un impact négatif sur sa santé physique et son niveau d’énergie, mais il faisait également mal niveau finances.

« Chaque semaine c’était la fête, sortir dans les bars, aller dans les lancements. […] Je pouvais aller au restaurant, dépenser 40$ pour un repas que, finalement, je n’avais même pas aimé tant que ça. »

– Gaël Comtois

Mais tranquillement, des entraînements quotidiens et une alimentation plus saine contribuent à faire une différence. L’animateur se sent mieux depuis qu’il a commencé à travailler sur lui même. Sa vie avait besoin d’ordre ; pour lui, la structure était une sérieuse lacune. Il est content du progrès qu’il fait jusqu’à maintenant, mentionnant en ricanant que son but, « ce n’est pas de devenir culturiste, mais de prendre soin de lui ».

Son entraîneur Michael Couture est lui aussi satisfait des améliorations qu’il voit :

« En trois semaines, il a réussi à perdre 15 livres, à gagner en mobilité et en compréhension de son corps. Il a également gagné en masse musculaire et en force! Je suis bien fier de lui. »

– Michael Couture

Lorsque la quarantaine sera terminée pour de bon, Gaël entend conserver les habitudes qui lui ont été inculquées par son bon ami. Il fait dorénavant son épicerie intelligemment, pèse sa nourriture et coupe sérieusement sa consommation d’alcool, des choses qu’il veut continuer de faire après la mini-série.

Dope, la culture du rap

Parallèlement, il travaille sur un projet intitulé Dope, émission bi-hebdomadaire consacrée à la découverte de rappeurs québécois. Ce qui était à la base une initiative destinée à être produite sous un format télévisuel a été temporairement adaptée sous la formule live Instagram, une tendance qui gagne en popularité à cause des conditions actuelles.

Le hip hop faisant partie de sa culture, il a grandi en allant assister à des spectacles de rap. Son intérêt pour le rap francophone est né en 2014, année où il a découvert plusieurs artistes québécois comme le trio LLA, dont il est tombé follement amoureux.

Gaël se dit par ailleurs fier d’avoir été un des premiers à recevoir Loud, le membre du trio qui connaît assurément le plus de succès en ce moment, dans une entrevue radio.
À l’époque, il travaillait pour CKOI à Montréal et a dû se battre pour l’avoir. Loud venait de sortir sa chanson désormais connue Toutes les femmes savent danser, qui compte aujourd’hui près de 14 millions d’écoutes sur Spotify.

Expliquant qu’il se limite à deux entrevues par semaine afin d’assurer un certain niveau de qualité et de pertinence à ses questions, l’animateur a déjà reçu plusieurs rappeurs de renom à son émission, comme Souldia, Sarahmée ou Zach Zoya.

Il reproche d’ailleurs cet aspect aux réseaux sociaux, qui ont souvent le malheur de promouvoir des personnes priorisant la quantité à la qualité, lui qui n’aime pas trop le concept de nombre de vues et de mentions j’aime.

« L’authenticité, c’est important. C’est pas vrai que je vais me dénaturer pour faire du contenu. »

– Gaël Comtois

Un homme qui voit loin

Gaël souhaite que Dope, lorsqu’elle pourra revenir à son format télé, soit la première vraie émission consacrée au rap québécois au petit écran. Visant trois ou quatre saisons, il définit Dope comme étant un produit fait au Québec, mais qui n’a pas de frontières et qui peut être consommé ailleurs, comme en France.

Celui que l’humour a toujours passionné, qui a fait du théâtre au secondaire et qui est diplômé de l’école spécialisée Promédia a notamment pour but d’avoir sa propre émission culturelle comique, mais qui propose tout de même du contenu.

En plus de vouloir être reconnu comme un des meilleurs animateurs au Québec lorsque que le temps viendra, il aimerait aussi explorer l’avenue des sketchs présentés sous forme de capsule web avec ses amis qui travaillent déjà dans le milieu.

« En bout de ligne, je veux vivre de mon art, je veux créer des projets qui me passionnent sans avoir à me soucier de mes finances. Si j’ai une idée, je veux pouvoir me donner le go sans avoir à me limiter. »

– Gaël Comtois

Le futur s’annonce prometteur pour Gaël Comtois, mesdames et messieurs.

Crédit photo : Rose Napoleon

William Thériault

Passionné d’écriture, il adore produire des textes journalistiques et rencontrer des artistes du milieu. En plus de superviser la production du contenu du site, il couvre avec précision l’actualité culturelle québécoise, tout en s’assurant de fournir le contenu le plus authentique possible aux lecteurs.

Précédent

WKND et BLVD veulent encourager au maximum les artistes québécois

La pandémie a raison de trois autres festivals au Québec

Suivant