Jusqu’au Déclin (2019) de Patrice Laliberté : Pari semi-réussi

Jusqu'au déclin
© Image tirée de Netflix

Jusqu’au Déclin (2019) de Patrice Laliberté : Pari semi-réussi

Étrangement en phase avec la situation exceptionnelle que l’humanité expérimente actuellement, un des personnages mentionnant même une possible pandémie, le premier long-métrage québécois de production Netflix est maintenant disponible sur la plateforme américaine, avec toutes ses promesses de fraîcheur cinéphile au sein d’un cinéma québécois parfois engoncé dans les même genres, les mêmes thèmes. Car oui, Jusqu’au Déclin est un thriller, moment rare au pays des drames sociaux, historiques ou comédies grand public.

Jusqu’au Déclin se définit ainsi comme un film de survie extrême, avec son lot d’émotions fortes et de situations stressantes. Antoine (Guillaume Laurin) est un adepte de la sécurité à long terme, allant jusqu’à pratiquer des sorties de l’Île de Montréal avec sa fille et sa femme. Il suit les vidéos d’Alain (Réal Bossé), un survivaliste comme il s’en fait peu, et le contacte afin de suivre une formation auprès de lui. Je m’arrête là pour le pitch car, l’œuvre s’étalant sur un peu plus de 80 minutes, en dire plus serait de « divulgâcher » l’histoire.

Netflix : une rampe de lancement pour nos réalisateurs québécois ?

En tant que premier film québécois produit par le géant américain, Jusqu’au Déclin laisse présager de belles choses pour le futur du cinéma québécois. En effet, Netflix a une tendance bien connue à donner des chances à des réalisateurs soient débutants, soient impliqués dans un projet casse-gueule, qu’aucun studio majeur ne souhaite prendre sous son aile (on pense au magnifique Roma (2018) d’Alfonso Cuaron). Si les dirigeants se mettent à faire confiance à nos artistes québécois, ces derniers pourraient voir leurs projets les plus fous se réaliser sans avoir besoin de passer dans les rouages de la SODEC ou de l’ONF, organismes importants mais souvent critiqués pour leur conformisme.

Original pour le Québec, mais pas tant que ça

Excitant, non? Eh bien, l’idée avait du potentiel! Malheureusement, le film se perd, par souci de s’inscrire dans une lignée de thrillers nordiques scandinaves (Insomnia, Millenium, etc.), dans un script peu ludique et sans réelle montée d’adrénaline, hormis, comme il est de coutume dans un long-métrage de moindre qualité, la fin, laissant le spectateur sur la forte impression d’avoir vécu un manège d’émotions.

Pourtant, il ne se passe au final que peu de choses dans Jusqu’au Déclin, Laliberté essayant trop de mettre l’emphase sur l’importante balance entre survie et entraide, de façon très appuyée d’ailleurs. Tout cela aurait pu être racheté par une forte esthétique et des personnages crédibles et identifiables. Vous comprendrez, par ce ton désolé, que ce n’est pas vraiment le cas, ces derniers servant de simple véhicule narratif à cette histoire simpliste et sans enjeu dramatique.

Vive les femmes fortes et indépendantes!

Cela dit, la mise en scène de Patrice Laliberté fait preuve d’une certaine efficacité lors de quelques effets-choc. L’espace nordique est bien défini en plus d’être magnifique dans sa photographie, et le spectateur passera certainement un bon moment à contempler les plans d’ensemble de notre beau pays, si paisible et en même temps si sauvage. Marie-Évelyne Lessard est crédible et nuancée, apportant une fraîcheur à une distribution jouant comme ils le peuvent avec des personnages uni-dimensionnels.

Bref, le film constitue un pari semi-réussi pour Netflix et les production Couronnes Nord par sa façon agréable de faire un cinéma différent au Québec, mais il aurait été préférable d’y mettre un peu plus de cœur, d’enjeux et d’émotions.

Une collaboration de Jérémie Queenton

Projection Culturel

Projection Culturel est une entreprise médiatique qui a pour objectif de mettre de l’avant les différents artistes de chez nous. Ce site web culturel vous permettra d’en apprendre davantage sur le monde du showbizz et sur vos artistes préférés!

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